NELSON MANDELA DE L’AFRIQUE DU SUD  

 
 

Nelson Rolihlahla Mandela est né le 18 Juillet 1918 à Umtata en Afrique du sud, de Gadla Henry Mphakanyiswa, Chef de l’ethnie Xhosa et de Nosekeni Fanny. 

Le nom « Madiba«  que porte Mandela provient de son clan royal et est un signe de respect.

Le prénom « Rolihlahla » signifie « Extraire une branche d’un arbre »  ou « Fauteur de troubles« .

De ses treize (13)  frères et sœurs, il est le seul à avoir été scolarisé.

Ainsi, à sept (7) ans, il prend la route de l’école britannique et se présente devant son institutrice, Miss Mdingane sans se soucier de ses habits qui reflètent la pauvreté dans laquelle il vit car, bien que son père soit issu d’une famille royale du peuple « Thembu« , il n’est pas riche et n’a pas les moyens d’acheter la culotte anglaise exigée par l’école. 

Son père découpe l’un de ses vieux pantalons pour faire sa tenue et Mandela raconte comment cela s’est fait : « Mon père prit ensuite un morceau de ficelle pour resserrer cette culotte à la taille beaucoup trop ample pour moi. Je devais avoir l’air ridicule dans cet accoutrement, mais j’étais néanmoins très fier. »

En 1927, alors que Mandela  n’a que neuf (9) ans, son père décède et Jongintaba Dalindyebo, Chef suzerain du peuple « Thembu« , devient son tuteur.

Au collège « Clarkebury Boarding Institue« , Nelson Mandela obtient son « Junior Certificate ou Brevet d’Etudes du Premier Cycle«  (BEPC)  à l’âge de seize (16) ans et seulement en deux (2) ans au lieu de trois (3) ans.

Il sort diplômé de l’école « Healdtown de Fort Beaufort » dans la province du  Cap-Oriental en Afrique du Sud. 

Bien qu’ayant obtenu son Baccalauréat, il est néanmoins renvoyé après avoir défendu une employée de race noire qui se faisait battre à coups de pieds et de poings par un intendant blanc. 

Il s’inscrit à l’ »Université de Fort Hare« , la seule Université de Droit qui accepte les gens de race noire en Afrique du Sud et au cours de sa deuxième année, sans son consentement, il est élu membre du « Conseil Représentatif des Etudiants«   (CRE).

Les membres du CRE exigent de la direction de l’Université  qu’elle améliore la nourriture et augmente les pouvoirs du CRE et en l’absence de réponse positive, Nelson Mandela et cinq (5) autres membres du CRE démissionnent.

Malgré le boycott des secondes élections, Nelson Mandela et ses compagnons sont réélus pour diriger le CRE.

Une seconde fois, Nelson Mandela demandent à ses camarades de démissionner de cette structure et face au refus de ceux-ci, Nelson Mandela  démissionne seul. Le principal de l’Université le renvoie tout en lui donnant la possibilité de revenir s’il accepte d’intégrer le CRE.

Nelson Mandela refuse et quitte Fort Hare.

Son tuteur, fâché, tente d’arranger un mariage. Il lui choisit une femme et  paie la  « Lobola«   c’est-à-dire la dot avec fixation de la date de célébration du mariage.

En apprenant cette nouvelle, Nelson Mandela prend la fuite la nuit et se réfugie à Johannesburg dans le Township d’Alexandra situé au Nord-est de l’Afrique du Sud. Il trouve un travail  dans une mine mais lorsque l’employeur apprend qu’il est le fils du Régent, il le licencie.

Nelson Mandela fait la connaissance d’Albertina Totiwe, élève infirmière au General Hospital, une fille de la région de Transkei, sa région natale. Malheureusement, il apprend que l’élue de son cœur, est la fiancée de Walter Sisulu, un activiste  anti-apartheid âgé d’une trentaine d’années qui dirige une agence immobilière spécialisée dans la défense des droits de propriété des sud-africains de race noire.

Il arrête de faire la cour à Albertina Totiwe, fait d’elle sa marraine et aménage chez les Sisulu.

Walter Sisulu met Nelson Mandela en contact avec Lazar Sidelsky, un avocat sud-africain libéral pour un stage et tout en étant stagiaire, Nelson Mandela poursuit ses études de droit. Il s’inscrit au cours du soir à l’ »Université du Witwatersrand » de l’Afrique du Sud et décroche son diplôme en 1942.

Nelson Mandela fait la connaissance d’Evelyn Ntoko Mase en 1942 ; Elève infirmière née le 18 mai 1922 à Ngcbo en Afrique du Sud et il dit : « …Jeune fille belle et calme qui arrivait de la campagne»

Follement amoureuse de Nelson Mandela, Evelyn Ntoko Mase raconte : « …Je l’ai aimé dès que je l’ai vu (…) Tous ceux que nous connaissions nous disaient que nous formions un beau couple… »

Nelson Mandela et Evelyn Ntoko Mase s’installent chez Kate, la sœur d’Evelyn, qui vit déjà avec son mari et ses deux (2) enfants  dans un trois-pièces.

En 1944 à Johannesburg, Nelson Mandela âgé de vingt six (26) ans épouse Evelyn Ntoko Mase de vingt deux (22) ans.

Témoin du système ségrégationniste en Afrique du Sud et influencé par la résistance non-violente pratiquée par Mahatma Gandhi, l’indien qui a débuté son mouvement de résistance contre son pays en Afrique du Sud, Nelson Mandela veut mettre fin à l’apartheid  par la méthode de non-violence.

Le 2 avril  1944, Nelson Mandela, Anton Lembede, Walter Sisulu, Oliver Tambo et Ashby Mda créent la ligue de la jeunesse de l’ANC,  l’ »African National Congress Youth League »  ou  « Ligue de la jeunesse de l’ANC« . 

Le « Congrès National Africain » (ANC) est un Parti politique qui a vu le jour le  8 janvier 1912 en Afrique du Sud  grâce à l’action des représentants de différentes églises sud-africaines qui luttaient  contre les discriminations raciales et l’oppression de la minorité blanche sur la majorité noire.

Le 23 février 1945, le couple Mandela donne naissance à leur premier enfant, et le baptisent Madiba Thembekile Mandela dit Thembi, en hommage au peuple « Thembu« . 

Le couple Mandela aménage, en 1946, à Orlando West  dans la municipalité de Johannesburg, dans une petite maison qui  porte le numéro 8115.

Makaziwe Mandela dite Maki, le deuxième enfant de Nelson Mandela naît en 1947 mais de constitution fragile, elle meurt neuf (9) mois après. 

Avec le décès de son enfant et la venue inattendue au pouvoir du « Parti national«  (PN) qui a remporté les élections législatives du 26 mai 1948 et qui fait la promotion officielle de l’apartheid, Nelson Mandela passe le plus grand de son temps dans les locaux de l’ANC et déserte son domicile.

Le 26 juin 1950, Nelson Mandela et Evelyn Ntoko Mase  donnent naissance à Makgatho Mandela, un autre enfant de sexe masculin.

En 1952, Nelson Mandela prend Oliver Tambo comme son associé et les deux (2) hommes de loi exercent dans le « Cabinet d’avocats Mandela & Tambo ».  

Premiers avocats noirs de Johannesburg,  Nelson Mandela  et Oliver Tambo prônent la désobéissance des lois injustes et prennent la défense des personnes opprimées.  Nelson Mandela  dit : « En tant qu’avocat, j’étais quelque peu flamboyant devant les Tribunaux. Je n’agissais pas en tant qu’homme noir dans un Tribunal blanc. Je  traitais chacun – qu’il fût noir ou blanc comme un invité de mon Tribunal. Lorsque j’argumentais, je faisais souvent de grands gestes majestueux et mon langage était prétentieux. J’avais aussi recours à des tactiques peu orthodoxes envers mes témoins…»

Elu  en 1952, Président  de l’ANC de la région de Transvaal, au nord-est de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela  et ses compagnons de lutte organisent une manifestation contre le système d’apartheid le 6 avril 1952.

Environ 10.000 personnes participent à ce rassemblement mai le régime d’apartheid, les réprime  et plus de 5.000 sont arrêtées dont Nelson Mandela.

Jugé, il écope de neuf (9) mois de prison avec sursis, est interdit de participer à toute réunion et est placé en résidence surveillée à son domicile de Johannesburg. 

Bien que privé d’une partie de sa liberté, Nelson Mandela organise l’ANC dans la clandestinité.

En 1953, la cadette des filles de Mandela naît et prend le nom de sa grande sœur décédée des années auparavant, Makaziwe.

Avec les absences répétées de Nelson Mandela à son domicile, Evelyn Ntoko Mase avoue plus tard qu’à cette époque, elle avait souhaité que son époux soit régulièrement mis en résidence surveillée par le régime d’apartheid pour qu’il demeure à la maison. Elle apprend aussi que son époux entretient des relations extra-conjugales avec des femmes de l’ANC.

Nelson Mandela et une centaine d’autres personnes sont arrêtés en 1953 pour avoir pris part à une manifestation pacifique. 

Accusés de trahison par le pouvoir d’apartheid, le jugement blanchit Nelson Mandela et ses compagnons de lutte à l’issue de six (6) années d’instruction.

Evelyn Ntoko Mase Mandela qui a embrassé entretemps la religion de « Témoin de Jéhovah« , n’apprécie pas l’engagement de Nelson Mandela à l’ANC où il se trouve obliger de porter des jugements et critiquer ; Des attitudes condamnées par sa religion.

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En 1955, Evelyn Ntoko Mase Mandela quitte le domicile conjugal  et le couple divorce un an après, en 1956. A la suite de leur divorce, Nelson Mandela dit : « Charmante, forte et fidèle, une excellente mère mais elle ne supportait plus mon engagement politique et m’avait posé un ultimatum : choisir entre elle et l’ANC…»

Le 5 décembre 1956, pour non respect des lois d’apartheid, 156 personnes dont Walter Sisulu, Oliver Tambo, Albert Luthuli et Nelson Mandela sont arrêtés à nouveau.

Libéré, Nelson Mandela épouse Winnie Madikizela en juin 1958 et il raconte leur première rencontre : « J’aperçois un jour du coin de l’œil une très jolie jeune femme qui attendait à un arrêt de bus devant le Baragwanath Hospital, proche de Johannesburg (…) J’ai tourné la tête pour mieux la voir, mais la voiture dans laquelle je me trouvais allait trop vite. J’ai gardé l’image de cette femme. J’ai même pensé à faire demi-tour pour l’emmener dans l’autre direction (…) Puis je l’ai retrouvé par hasard à l’occasion d’un procès et j’étais bouleversé par sa présence (…) Elle était ravissante (lorsqu’il l’a invitée dans un restaurant indien près de son bureau), et même le fait qu’elle n’avait jamais goûté au cari et buvait de l’eau sans cesse la rendait encore plus charmante…Winnie a toujours dit aux gens que je ne l’ai jamais demandée en mariage, mais je lui ai toujours dit que je l’ai fait lors de notre premier rendez-vous et que pour moi, depuis ce jour, la question était réglée…»

Winnie Madikizela, née le 26 septembre 1936 à Bizana en Afrique du Sud, ressortissante sud-africaine, titulaire d’une licence de Relations internationales de l’Université du Witwatersrand et première travailleuse sociale noire de Johannesburg dit comment elle a connu Nelson Mandela : « J’ai vu Nelson Mandela pour la première fois au tribunal régional de Johannesburg. Il représentait un de mes collègues qui avait été agressé par la police. J’ai vu un homme très grand, imposant, plutôt intimidant d’aspect (…) Peu après, Nelson m’a téléphoné. Il m’a invitée à déjeuner dans un restaurant indien. […] Le chemin que nous suivions pour regagner la voiture était caillouteux et la bride d’une de mes sandales s’est cassée. Alors, pour m’empêcher de me blesser en marchant pieds nus, il m’a tendu la main amoureusement avant de m’embrasser… »

Nelson Mandela n’offre pas de lune de miel à son épouse parce qu’il n’a pas d’argent.

Le 4 février 1959, naît leur premier enfant, Zenani Mandela.

Le 21 mars 1960, un massacre baptisé le « Massacre de Sharperville » survient en Afrique du Sud après une manifestation organisée par le leader sud-africain Robert Sobukwe. 

Militant de l’ANC depuis 1948, Robert Sobukwe a abandonné l’ANC en 1958 pour créer son propre parti politique, le « Pan African Congress«   (PAC) ou « Congrès Panafricain » en avril 1959. 

Le PAC exige des sud-africains noirs de se libérer par eux-mêmes afin de gouverner un jour,  et non défendre uniquement les intérêts des sud-africains de race noire comme l’ANC le fait.

L’ANC est considéré par le PAC comme un rival et lorsque l’ANC programme des  manifestations de défiance au régime d’apartheid le 31 mars 1960, Robert Sobukwe fixe le tien une semaine avant, c’est-à-dire le 21 mars 1960.

A la date indiquée, les militants du PAC suivent les instructions de Robert Sobukwe et protestent pacifiquement devant les commissariats après être sortis sans leurs « Laissez-passer« , pourtant obligatoires.  

Dans le township de Sharpeville, les choses se passent mal et les policiers tirent dans le dos des manifestants tuent plus de soixante neuf (69) personnes et en blessent 180. 

Les leaders de l’ANC sont aussi choqués que ceux du PAC et Nelson Mandela qui prône la création d’une branche armée au sein de l’ANC remet la question sur la table.

En 1960, naît la deuxième fille de Nelson Mandela et Winnie Mandela baptisée Zindziswa Mandela-Hlongwane dite Zindzi. 

Dans la clandestinité, Nelson Mandela part en Algérie en 1960 chez les combattants du FLN pour des cours sur la lutte armée car, après la création de la branche armée de l’ANC appelée « Umkhonto we Sizwe«  (MK) ou « Lance de fer de la nation« , Nelson Mandela est désigné Commandant en chef. 

Le 16 décembre 1961, l’ »Umkhonto we Sizwe » projette la première attaque sur les lieux symboliques de l’apartheid.

Jusqu’en 1964, il est dénombré 134 attaques mais lorsque la Police découvre des documents de cette organisation, elle se met à la recherche de Nelson Mandela et plusieurs responsables de l’ANC.

Arrêtés et accusés de plusieurs chefs d’accusation dont ceux de sabotage, de trahison et de complot, Nelson Mandela et sept (7) autres dirigeants de l’ANC sont inculpés en 1963 et condamnés à la prison à perpétuité en 1964.   

Or, déjà condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir organisé la grève générale de 1961, il écope également de la condamnation à perpétuité dans le procès de Rivonia qui a lieu  d’octobre 1963 à juin 1964 en Afrique du Sud.

Avocat de formation, Nelson Mandela tient sa propre plaidoirie et dit : « (…) Dans le Manifeste de l’Umkonto publié le 16 décembre 1961, nous disions : « Un moment arrive dans la vie d’une nation où il ne reste plus qu’une alternative : se soumettre ou combattre. Ce moment est arrivé pour l’Afrique du Sud. Nous ne nous soumettrons pas, et nous n’avons pas d’autre possibilité que de riposter par tous les moyens en notre pouvoir, de défendre notre peuple, notre avenir et notre  liberté (…) » (Lire la plaidoirie entière ICI)

Le 13 juin 1964, Nelson Mandela est écroué à la prison de Robben Island, au large de la ville du Cap sous le matricule 466/64 ; Une prison destinée aux personnes jugées dangereuses par le régime d’apartheid.

En prison, Nelson Mandela et ses compagnons  se réveillent à 5H30 pour des tr

avaux forcés tel que casser des cailloux sans pause jusqu’à 16 H. Les prisonniers n’ont droit qu’à un seul sceau d’eau froide par jour, mangent un petit repas et dorment dans des cellules minuscules. Nelson Mandela explique comment la prison de Robben Island est : « Robben Island–autrefois colonie de lépreux, puis forteresse gardant l’entrée du port du Cap durant la Seconde guerre mondiale, un petit affleurement calcaire, blafard, battu par le vent, pris dans nasse du courant de Benguela, dont l’histoire se résume aux années d’oppression de notre peuple. Ma nouvelle maison… »

Nelson Mandela continue d’étudier par correspondance et dit : « La prison ne vous vole pas seulement votre liberté, elle essaie aussi de vous déposséder de votre identité (…) C’est par définition un état purement autoritaire qui ne tolère ni indépendance ni individualité (…) Toute demande de livre qui contenait le mot «rouge», même s’il s’agissait du «Petit Chaperon rouge», était rejetée par les censeurs…»

En 1969, lorsque son fils Madiba Thembekile meurt dans un accident de la circulation, Nelson Mandela n’est pas autorisé à assister aux  funérailles. Il écrit beaucoup à Winnie Mandela et en 1970, il lui adresse ce message :  «  J’ai l’impression que toutes les parties de mon corps, chair, sang, os et âme ne sont plus que de la bile tant mon impuissance absolue à te venir en aide dans les moments terribles que tu traverses me rend amer (…) Quelle différence ce serait pour ta santé et ton moral, ma chérie, pour ma propre anxiété et pour la tension, dont je n’arrive pas à me défaire, si seulement nous pouvions nous voir! Si je pouvais être à tes côtés et t’étreindre, ou si je pouvais ne fusse qu’apercevoir ta silhouette à travers les babelés qui nous sépareraient inévitablement

Il n’est pas permis à Winnie Mandela de voir son époux pendant son incarcération.

Emprisonnée depuis 1964, c’est en 1979, soit quinze (15) années après que Winnie Mandela est autorisée à voir  Nelson Mandela pour la première fois. Surnommée la  Mère de la nation, Winnie Mandela est aussi assignée à résidence.

Le régime d’apartheid permet à Winnie Mandela à voir son époux que chaque six (6) mois, soit deux (2) fois par an. 

Malgré les intimidations des autorités, Winnie Mandela continue de tenir des discours musclés contre la discrimination pratiquée par les blancs et l’oppression des noirs.

Le Parti politique désorganisé, de nombreux militants de l’ANC s’installent à l’étranger. 

En 1982, Nelson  Mandela est transféré avec les autres leaders de son Parti à la prison de Pollsmoor pour, selon les dirigeants sud-africains, éviter que Mandela et ses camarades rentrent en contact avec la jeune génération de l’ANC emprisonnée à la prison de Robben Island. 

Pendant toute sa détention, Nelson Mandela refuse d’être libéré en contrepartie du renoncement à son combat contre l’apartheid.

D’autres personnes accusent Nelson Mandela d’avoir trahi le combat en négociant sa sortie de prison. Elles se basent sur des réunions que Nelson Mandela aurait eues avec le régime d’apartheid vers 1980. Négociations qui, selon des Observateurs, a fragilisé les actions que l’ANC mais Oliver Tambo  coupe court en disant :  « Les prisonniers ne peuvent pas négocier leur liberté ».

Le 31 janvier 1985, le régime d’apartheid avec pour Président Pieter Willem Botha veut accorder la liberté à Nelson Mandela  et les autres leaders de l’ANC à condition qu’ils renoncent à la lutte armée contre le régime d’apartheid mais, après vingt-et-un (21) ans de détention, Nelson Mandela pour sa première déclaration publique depuis son incarcération, fait lire par sa fille Zindzi ce message devant plus 6.000 personnes réunies à Soweto : « Je ne peux pas et je ne pourrai pas prendre d’engagement à un moment où ni moi, ni vous, le peuple ne sommes libres ; Votre liberté et la mienne ne peuvent être séparées…Je chéris ma propre liberté, mais votre liberté à tous est plus importante pour moi… »

En retour, le Président Nelson Mandela pose cinq (5) conditions au Président Pieter Willem Botha : « Renoncer lui-même à la violence ; S’engager à démanteler le système d’apartheid et la ségrégation raciale ; autoriser à l’ANC ; Libérer les prisonniers politiques ; Garantir la liberté d’action politique »

Le 11 juin 1988, Oliver Tambo organise un giga concert à Londres au Royaume-Uni, le « Concert de Wembely«   pour fêter les soixante-dix (70) ans de Nelson Mandela.

En fait, le but de ce concert est d’exiger la libération  de Nelson Mandela et précipiter sa libération et celle de ses compagnons de lutte.

En têtes d’affiche du concert de « Concert de Wembely« ,  il y a des vedettes internationales comme Stevie Wonder, Whitney Houston, Simple Minds, Sting, George Michael, Harry Belafonte, Miriam Makeba, UB40, Youssou N’Dour, Peter Gabriel, Tracy Chapman, les Specials…Un total de quatre vingt trois (83) artistes.

En présence de plus de 70.000 personnes et 500.000 millions de téléspectateurs de soixante sept (67) pays,  ces artistes  donnent une prestation inoubliable pendant onze (11) heures.

Après le « Concert de Wembely« , de nombreuses chaînes de télévisions internationales imposent à leurs rédacteurs d’appeler désormais Nelson Mandela, « Dirigeant noir » et non « Terroriste« .

En faveur de l’arrivée de Frederik de Klerk à la présidence de la République de l’Afrique du Sud et deux années après le « Concert de Wembely« , soit le 11 février 1990, Nelson Mandela est libéré. 

Le 26 juillet 1991, Nelson Mandela, pour son premier voyage à l’extérieur,  se rend à Cuba pour rendre hommage au Président cubain Fidel Castro et il dit : « J’étais en prison lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’aide massive que les forces internationalistes cubaines fournissaient à la population de l’Angola, une aide d’une telle ampleur qu’elle était difficile à croire, lorsque les Angolais ont été soumis en 1975 à une attaque coordonnée de troupes d’Afrique du Sud, du FNLA  financé par la CIA, de mercenaires, de l’UNITA, et de troupes zaïroises. En Afrique,  nous sommes habitués à être victimes de pays qui veulent dépecer notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique d’un autre peuple qui se lève pour défendre l’un d’entre nous…» (Lire le discours d’hommage entier ICI).

Avec Winnie Mandela, les choses se compliquent et Nelson Mandela est  abattu par tout ce qu’il apprend sur son épouse.

En effet, elle est accusée d’infidélité avec son garde de corps Jerry Richardson.

Même après la libération de Nelson Mandela en 1992, il est dit que Winnie Mandela aurait eu une liaison avec Dali Mpofu, un jeune avocat noir de vingt sept (27) ans résidant aux Etats-Unis d’Amérique et du fait de leur proximité, elle aurait validé sa promotion au sein de l’ANC.

Ainsi, il aurait été nommé adjoint à Winnie Mandela au ministère de la Protection sociale et ils auraient voyagé aux Etats-Unis d’Amérique et à Londres en Concorde. Ils auraient dormi dans des hôtels de luxe comme l’ »hôtel Beverly Hills« .

Au début de l’année 1992, Winnie Mandela aurait découvert que Dali Mpofu entretenait une liaison avec une autre femme et en colère, elle aurait déversé leur liaison sur la place publique et le 17 mars 1992, elle lui aurait  écrit une lettre, publiée par le journal  Sunday Times : « Vous passez votre temps à b… avec une moindre excuse émotionnelle. Le fait que je n’ai pas parlé à Tata (Nelson Mandela) pendant cinq mois maintenant à cause de toi, n’est pas ta préoccupation. Je te dis que la  situation se détériore à la maison. Tu n’es pas dérangé parce que tu te satisfais chaque nuit avec une femme. Je ne vais pas être ton imbécile, Dali… »

Winnie Mandela est congédiée de son poste de l’ANC en avril 1992.

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Les dirigeants de l’ANC qui n’apprécient pas la radicalisation de Winnie Mandela, disent qu’elle incitait des jeunes de l’ANC à assassiner les pionniers blancs (boers) et les personnes de race noire qualifiées de traîtres.  

Après avoir prononcé la phrase « Un boer – une balle »  ou « Un paysan blanc – une balle« , elle a poussé les jeunes au meurtre de ces paysans blancs. 

Les membres de l’ANC qui ont fait de la promotion de la non-violence leur leitmotiv se sont désolidarisés d’elle. 

Le 29 décembre 1988,  des gardes de corps de Winnie Mandela dont Jerry Richardson enlèvent trois (3) jeunes militants de l’ANC, Pelo Mekgwe, Thabiso Mono et James Seipei dit Stompie Moeketsi.

Stompie Moeketsi, âgé seulement de quatorze (14) ans à l’époque des faits, soupçonné par Winnie Mandela d’être à la solde des policiers blancs est tué par les gardes de corps de Winnie Mandela.

Le corps de Stompie Moeketsi est retrouvé le 6 janvier 1989 sur un terrain vague non loin de la maison de Winnie Mandela. 

Reconnu coupable d’assassinat, Jerry Richardson dit que lui et les autres gardes de corps incriminés ont agi sur ordre de Winnie Mandela.

Dans cette dernière affaire, Winnie Mandela est reconnue coupable d’enlèvement et complicité de voies de faits en 1991.

Condamnée à six (6) ans de prison, sa peine est réduite à une amende et à une peine avec  sursis de deux ans, après son recours en appel. 

Dans les années 1980 déjà, l’impopularité de Winnie Mandela était telle que sur les murs de Soweto, l’on pouvait lire : « Libérez Mandela ! Pendez Winnie ! »

Sans tenir compte de tout ce qui se dit sur son épouse, Nelson Mandela se tient à ses côtés lors de son procès de 1991 mais avec la révélation du journal « Sunday Times »  de 1992, Nelson Mandela se  sépare de Winnie Mandela la même année. 

Il dit le 13 avril 1992, après la séparation avec Winnie Mandela : « Je ne regretterai jamais la vie que la camarade Nomzamo et moi-même avons essayé de partager. Mais des circonstances hors de notre pouvoir en ont décidé autrement. Je me sépare de ma femme sans récrimination. Je la serre dans mes bras avec tout l’amour et toute l’affection que j’ai toujours éprouvés pour elle, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis la première fois que je l’ai vue. »

Au cours du procès de divorce, le 20 mars 1996, le journal français « Libération » rapporte une déclaration de Nelson Mandela au cours de l’audience : « …Elle n’est jamais entrée dans ma chambre à coucher pendant que j’étais éveillé… » et ajoute : « J’ai été l’homme le plus seul qui soit. »

Après trente huit (38) ans de mariage, Nelson Mandela et Winnie Mandela divorcent en mars 1996.

Les aspects financiers sont également  évoqués au cours du procès : «…Dans ses dépositions écrites soumises au Tribunal, le Président Nelson Mandela a détaillé les versements en faveur de Winnie, ex-ministre de la Culture, dont il vit séparé depuis 1992 : près de 4 millions de francs au total. La somme la plus importante ¬ 750.000 francs a servi aux mesures de sécurité autour de la villa de son épouse à  Soweto, surnommée «Beverly Hills». Le second montant concerne les frais judiciaires qui, finalement, ont permis à Winnie Mandela d’échapper à six mois de prison, pour «complicité de meurtre» dans l’affaire de Stompie Seipei, un  adolescent de 14 ans, n’ayant finalement été sanctionnée, en appel, que par une  amende de 20.000 francs. Rompant avec la retenue sur le sujet dont il avait fait preuve à la barre, Nelson Mandela a dénoncé, par écrit, les «extravagances» et le «train de vie luxueux» de Nomzamo, le nom africain de Winnie, qui, ironie prémonitoire, signifie: «Celle qui va être jugée». Selon le réquisitoire du mari-Président, sa femme-députée dépenserait 135.000 francs par mois, dont 12.500 en vêtements, 2.500 en produits de beauté et  15.000 pour ses seuls loisirs. Ne gagnant, comme élu au Parlement, qu’environ 20.000 francs, Winnie a dû lourdement hypothéquer tous ses biens, dont «Beverly Hills» (…) Dans le passé : outre les sommes données à Winnie, dont 200.000 francs à peine deux semaines après sa libération, Nelson Mandela a entretenu à hauteur de plus de  1 million de francs leurs deux filles, à leur tour mariées et mères de famille (…)  Winnie Mandela, 61 ans, a ainsi été déchue de tous ses droits issus de la communauté des biens… » 

Dans un texte publié après le procès par son avocat, Nelson Mandela écrit : «…Je suis heureux que le dossier soit clos et regrette que mon ex-femme n’ait pas accepté un règlement à l’amiable. Cela nous aurait à tous, à nous deux et à nos enfants, épargné beaucoup de chagrin (…) J’espère, et je veux croire, qu’elle va se montrer raisonnable. Ce sera à son seul bénéfice 

Le 10 décembre 1993, Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le « Prix Nobel de la paix« .

Les premières élections libres, multiraciales et démocratiques au suffrage universel sont organisées du 26 au 29 avril 1994 en Afrique du sud et le Parti de Nelson Mandela obtient  62,60 % des votes  des 12.237.655 électeurs.

Le  10 mai 1994, Nelson Mandela est investi  Président de l’Afrique du Sud, le premier Président de race noire de l’Afrique du Sud et il tient ce discours : « (…) Nous avons réussi à franchir le dernier pas vers la liberté dans des conditions de paix relative.  Nous nous engageons à construire une paix durable, juste et totale. Nous avons triomphé dans notre effort pour insuffler l’espoir dans le cœur de millions de nos concitoyens. Nous prenons l’engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute sans aucune crainte au fond de leur cœur, assurés de leur droit inaliénable à la dignité humaine – une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde (…) » (Lire le discours entier ICI)

Plus de 60.000 personnes dont quarante cinq (45) chefs d’État et autres personnalités assistent à la prestation de serment, notamment:  le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Boutros Boutros-Ghali ; le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor Zaragoza ; le Président de la Commission de l’Union africaine, Amara Essy ; le Duc d’Edimburgh, prince Philip ; le Vice-président des États-Unis, Al Gore ; le chancelier d’Allemagne, Helmut Kohl ; le Premier ministre français, Edouard Balladur ; le Premier ministre de Turquie, Turgut Ozal ; le Président du gouvernement de la fédération de Russie, Viktor Chernomyrdin ; le Président de la République de Cuba, Fidel Castro ; le Président de l’État d’Israël, Ezer Weizman ; le Président de l’État de Palestine, Yasser Arafat ; le Président de la République tchèque, Vaclav Havel ; le  Président du Zimbabwe, Robert Mugabe ; le Président du Rwanda, Paul Kagame ; le Vice-président du Viêt Nam, Nguyễn Thi Bình ; le Premier ministre du Japon, Tomiichi  Murayama ; le Premier ministre de la république populaire de Chine, Li Peng ; le Premier ministre sud-coréen, Kang Young-hoon..

Frederik de Klerk et Thabo Mbeki deviennent les Vice-présidents de l’Afrique du Sud.

Le 24 juin 1995, pendant la finale de la Coupe du monde de rugby entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, Nelson Mandela fait son apparition sur le terrain, un maillot de l’équipe de rugby « les Springboks » sur les épaules alors que cette équipe est composée en grande partie de sud-africains blancs.

Frederik de Klerk démissionne en 1996 de la Vice-présidence.

En juillet 1998, à quatre vingt (80) ans, Nelson Mandela épouse Graça Simbine, défenseur des Droits des femmes et des enfants.

Graça Simbine, née le 17 octobre 1945 est la veuve de l’ex-Président du Mozambique Samora Machel allié de l’ANC, tué en 1986 dans un accident d’avion au-dessus de l’Afrique du Sud sous l’apartheid.

En 1999, Nelson Mandela se retire de la présidence de la République après un seul mandat bien que sa côte de popularité soit encore au plus haut. 

Son Vice-président, Thabo Mbeki devient Président et Jacob Zuma, Vice-président. 

Nelson Mandela se retire de la vie politique en 2001 et annonce à son peuple le cancer dont il souffre.

Quant à Winnie, elle est accusée en 2003 de quarante trois (43) cas de fraudes et vingt-cinq (25) cas de vols. 

Elle écope de quatre (4) ans de prison.

En 2005, Makgatho Mandela,  le fils de Nelson Mandela meurt du Sida et le père, après avoir milité pour les Droits de l’homme, se lance dans le combat contre le Sida mais sa santé est fragilisée.

Hospitalisé pendant trois (3) mois pour une infection pulmonaire contractée dans la prison de Robben Island où il était contraint de casser des cailloux tous les jours, Nelson Mandela, âgé de quatre vingt quinze (95) ans, est autorisé, le 1er septembre 2013, à rentrer chez lui pour être soigné à domicile. 

Son épouse Graça Machel Mandela dit : « Il est toujours très sensible aux germes, donc il doit être maintenu dans un milieu stérile. Sa chambre est comme une salle de soins intensifs. Mais quand il est très détendu, il va bien. »

Le dimanche 17 novembre 2013, Winnie confie au Journal  « The Sunday Independent » : « Les tubes placés dans la bouche de Nelson Mandela pour drainer les fluides de ses poumons l’empêcheraient d’articuler (…) Les médecins nous ont dit qu’ils espéraient qu’il retrouve sa voix. (…) entendu qu’il était placé sous respirateur artificiel. Il ne l’est pas. »

Le jeudi 5 décembre 2013, Nelson Mandela décède à l’âge de quatre vingt quinze (95) ans.

Le mardi 10 décembre 2013, un hommage grandiose est rendu à Nelson Mandela au «  Stade Soccer City  »  de Soweto, en présence d’environ 50.000 personnes dont des anonymes, des Chefs de Gouvernement, des anciens Présidents, des Représentants d’Organisations internationales et plus de quatre vingt (80)  Chefs d’Etat.

Les discours sont tenus par les Présidents, Jacob Zuma de l’Afrique du Sud ; Barack Obama des Etats-Unis d’Amérique ; Dilma Rousseff du Brésil ; Pranab Mukherjee de l’Inde ; François Hollande de la France ; Raul Castro de Cuba ; David Cameron de la  Grande-Bretagne ; le Vice-président indien Ly Yuanchao ; le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Pendant la cérémonie, le Président sud-africain, Jacob Zuma est conspué par ses compatriotes, mécontents de la manière dont il gère l’Afrique du Sud. 

Après l’exposition de la dépouille de Nelson Mandela du mercredi 11 au vendredi 13 décembre 2013, elle est transférée le samedi 14 décembre 2013 à Gunu, son village natal.

Son compagnon de lutte de longue date, l’archevêque anglican Desmond Tutu qui  n’est pas invité à son inhumation par le Président Jacob Zuma qu’il critique sévèrement décide néanmoins, par un communiqué, de s’y rendre.

Le dimanche 15 décembre 2013 en présence des membres de sa famille et  4.000 invités dont Desmond Tutu, Nelson Mandela est inhumé.

Pour l’héritage, avec une fortune estimée à environ 3 100 000 Euros ou 2 milliards 033 millions 466 mille 700 Francs CFA, Nelson Mandela lègue :

1°) à ses enfants : 220 000 Euros ou 144 millions 310 mille 540 Francs CFA à chacun ;

2°) à sa trentaine de petits-enfants, 6 600 Euros ou 4 millions 329 mille  316 Francs à chacun ; à sa seconde épouse, Graça Machel qui a renoncé par écrit à des dons auxquels elle aurait bien pu prétendre suivant les affirmations du juge constitutionnel Dikgang Moseneke, elle a accepté quatre propriétés au Mozambique, des voitures, des œuvres d’art et des bijoux, acquis par le couple depuis leur mariage ;

3°) aux deux (2) enfants de Graça Machel ses filleuls, 6 600 Euros ou  4 millions 329 mille 316 Francs à chacun ;

4°) à neuf de ses anciens collaborateurs notamment, sa secrétaire particulière Zelda La Grange ; son Parti politique, l’ANC, 3 300 Euros ou 2 millions 164 mille 658 Francs CFA à partager entre eux ;

5°) ses anciennes écoles, l’Université de Fort Hare et celle de Witwatersrand à Johannesburg, une partie de l’héritage.

Exclue du testament de Nelson Mandela, Winnie saisit la justice pour rentrer en possession de la maison familiale de Qunnu.  Elle Affirme que la maison avait été acquise en son nom quand elle portait encore le nom de Nelson Mandela et  que c’était par simple générosité qu’elle ne lui avait pas demandé de la quitter.

Le clan Mandela refuse de lui donner la maison pour ne pas trahir les dernières volontés de Nelson Mandela.

Pourtant beaucoup trouve que c’est grâce au combat personnel de Winnie Mandela  que le nom de Nelson Mandela a eu plus d’écho dans le monde.

Pour eux, sans Winnie Mandela, Nelson Mandela n’aurait peut être pas été libéré, ni élevé au rang de Président de l’Afrique du Sud. 

En plaçant Nelson Mandela  dans la prison de sécurité maximale de Robben Island, une île située à 6,9 km à l’ouest de la côte de Bloubergstrand basée à 25 km au nord  de la ville du Cap, le gouvernement d’apartheid sud-africain voulait effacer  Nelson Mandela de la mémoire de tous mais, par les nombreuses actions de Winnie Mandela ont permis que Nelson Mandela soit évoqué sans cesse dans le monde.

En effet, Winnie Mandela a supporté toutes sortes d’humiliations et de persécutions tout le temps de l’emprisonnement de son époux. 

Elle a été interdite de sortir de Johannesburg en 1964.

Elle a éduqué seule et sans ressources leurs enfants. Elle et a été victime de plusieurs tentatives d’assassinat et sa maison a même été incendiée le jeudi 28 juillet 1988.

Après deux (2) ans d’attente et un voyage de 20 heures, Winnie Mandela n’a pu voir son époux  que quinze (15) minutes et ceci sans intimité puisqu’elle devrait parler en anglais à voix haute.

Ensuite, elle n’a été autorisée à voir son époux que deux (2) fois par an.

Winnie Mandela a été interdite de sortir de son quartier en 1965 et a ainsi perdu son emploi d’assistance sociale.

Arrêtée avec vingt deux (22) codétenus sous le « Terrorism Act« , Winnie Mandela a été accusée d’avoir participé aux activités du Congrès de l’ANC.

Elle a  été emprisonnée à l’isolement dans une cellule de 6,75 mètres carré à la prison centrale de Pretoria du 12 mai 1969 au 14 septembre 1970 sous le numéro 323/69 et elle avait dit : « La détention à l’isolement est pire que les travaux forcés (…)  Quand vous étendez les bras vous touchez les murs, vous êtes réduite à moins que rien… »

La maltraitance a été telle  que pour certains, sa vision du combat a connu un changement puisqu’elle s’est radicalisée et elle-même dit : « Les années d’emprisonnement m’ont durcie. Je n’ai plus l’émotion de la peur. Il n’y a plus rien que je puisse craindre. Le gouvernement m’a tout fait. Il n’y a pas de douleur que je n’ai pas connue. »

A la sortie de prison de Winnie Mandela en 1970, Nelson Mandela lui avait adressé ce courrier : « J’ai dû attendre deux semaines avant de pouvoir t’envoyer mes plus  vives félicitations pour avoir ¬accompli tes  491 jours d’incarcération et en être ¬sortie avec le même entrain et la même élévation d’âme qu’avant. Je vous souhaite un bon retour, à toi et à tes vaillants camarades ! Si j’avais été à la maison pour t’accueillir, j’aurais volé une chèvre à un homme riche et l’aurais sacrifiée avec pour t’accompagner. N’est-ce pas la seule façon pour un mendiant tel que moi d’honorer ses héros ? »

En octobre 1970, elle est condamnée à nouveau à six (6) mois de prison, cette fois avec sursis pour avoir abrité quatre de ses parents.

En octobre 1974, Winnie Mandela est condamnée à six (6) mois de prison pour être entrée en contact avec son ami photographe Peter Magubane.

Cet acharnement contre la personne de Winnie Mandela est vu par les analystes comme une  punition du régime d’apartheid pour avoir encouragé son époux à ne point fléchir, ni faire des concessions.

Les actions de Winnie Mandela lui ont valu d’être considérée, en 1970, la « Personnalité noire la plus importante de l’Afrique du Sud »  et d’être élue en  Grande-Bretagne, « Femme de l’année 1974« .

Le 2 avril 2018, Winnie Mandela décède à l’ »hôpital Milpark de Johannesburg« , en Afrique du Sud.

Nelson Mandela a sacrifié vingt sept (27) ans de sa liberté et reste un exemple du don de soi.

 

PAROLE FORTE DU LEADER NELSON MANDELA :

«Peu importe les défis, peu importe les difficultés rencontrées
dans la lutte, il ne peut être question d’abandonner !
Il s’agit de choisir entre la liberté ou la mort ! »

 
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