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Le Mozambique partage ses frontières au sud avec l’Afrique du Sud et le Swaziland ; A l’ouest avec le Zimbabwe, la Zambie et le Malawi ; Au nord, la Tanzanie et l’océan indien à l’est. Ce pays situé au sud-est de l’Afrique est dirigé par les colons portugais depuis 1498. C’est dans ce pays, à Nwajahani, dans la province de Gaza au Sud du Mozambique qu’Eduardo Mondlane Chivambo est né en 1920 de Nwadjahana Mussengane Mondlane et de Makungu Muzamusse Bembele. Il doit son nom Mondlane Chivambo à l’un de ses ancêtres, un grand Chef bantoue. Jusqu’à douze (12) ans, Eduardo Mondlane aide ses parents dans les travaux champêtres, il pratique la chasse, l’élevage et est heureux de dire : « Mes parents appartenaient à la vieille Afrique (…) ils ne connaissaient pas le christianisme (…) ils vénéraient et adoraient leurs ancêtres… On vivait de la culture des petits champs, de l’élevage, du bétail et de la chasse. Mon enfance se passa ainsi dans les pâturages avec de nombreux bergers de mon âge » et une sœur en Christ le conduit à l’école de la Mission Suisse où il est apprécié des missionnaires et des chrétiens appelés Patrouille. Pour obtenir son diplôme d’évangéliste, Eduardo Mondlane se rend à Lourenço Marques, grande ville mozambicaine située à 77 km de la frontière avec l’Afrique du Sud qui porte aujourd’hui le nom de Maputo, capitale du Mozambique. Revenu à la Mission Suisse, avec son diplôme d’évangéliste, Eduardo Mondlane prend la tête des Patrouilles de la section garçons et suit des cours du soir après l’école primaire et deux années de cours pratique en agriculture. Lorsqu’Eduardo Mondlane décide de s’inscrire en cours du jour au lycée, il se voit refuser l’accès pour son âge avancé ; Le lycée étant ouvert aux jeunes âgés de moins de treize (13) ans. Eduardo Mondlane parvient à bien lire et les missionnaires l’aident et le font entrer à la « Mission Méthodiste rurale de Cambine » du Mozambique. Il revient en 1942 avec des connaissances en anglais, beaucoup de livres et se perfectionne davantage pour servir son pays, même si les portes des écoles lui sont fermées. L’Eglise et les vieux pasteurs qui souhaitent le responsabiliser au sein de l’Eglise se prononcent sur sa personne : « Nous voulons bien aider cet Eduardo qui veut servir son église, mais qu’on lui donne d’abord la responsabilité d’une petite congrégation de brousse, et on verra ! » et ils l’affectent au camp de la Mission Suisse Lemana dans la province du Transvaal. Au sein de cette Mission, il étudie ses cours du lundi au vendredi et les samedi et dimanche, il prêche, donne des enseignements bibliques. En 1948, il réussit ses examens de maturité en Anglais et en Afrikaans à la « Hofmeyer School of Social Work » à Johannesburg. La même année, en mai 1948, alors qu’il est en Afrique du Sud, Daniel François Malan, homme politique sud-africain du « Parti National » (PN) gagne les élections présidentielles. Le PN est un Parti politique qui fait la promotion de la discrimination raciale. Avec la bénédiction des missionnaires, il s’inscrit en Sciences sociales à l' »Université de Witwatersrand« toujours à Johannesburg, en Afrique du Sud de 1949 à 1950 mais Eduardo Mondlane est aussitôt chassé et expulsé de l’Afrique du Sud. Lorsque les étudiants et les professeurs apprennent son expulsion, alors qu’il avait été élu Président de son groupe d’études sociales chargé de la gestion d’un club interracial, ces étudiants organisent un grand meeting pour protester contre son expulsion et la presse sud-africaine fait écho de ces manifestations dans ses parutions. La presse portugaise relaie l’information. Les responsables de l’Université embarrassés, autorisent Eduardo Mondlane à passer les épreuves d’examen à partir de la « Mission Suisse de Mozambique« . Au Mozambique, Eduardo Mondlane s’attèle à éveiller la conscience nationaliste de ses compatriotes et ensemble ils fondent le « Nucleo dos Estudantes Secundarios Africanos de Moçambique » (NESAM) en 1949, une association de jeunes mozambicains qui ont eu la chance de bénéficier du niveau secondaire de l’enseignement à Lourenço-Marques, au Mozambique. Lorsque le NESAM publie son journal « Alvor » qui veut dire « Aube« , la « Police Internationale de Défense de l’Etat » (PIDE), Police coloniale interdit sa publication. Les représailles de la PIDE poussent plus de soixante quinze (75) étudiants du NESAM à quitter le Mozambique en essayant de passer par les frontières du Swaziland et de la Zambie mais la PIDE les arrête à ces frontières. Avant la composition de son examen au Mozambique, Eduardo Mondlane est arrêté par la PIDE et interrogé pendant trois (3) semaines, il rate son examen. Eduardo Mondlane est conscient que le coup a été monté avec le régime d’apartheid pour l’empêcher de rentrer en Afrique du Sud. Les missionnaires suisses et américains de son Eglise lui proposent de faire une année d’études à Lisbonne au Portugal, avant de se rendre aux Etats-Unis d’Amérique. LOIDICI.BIZ – SITE WEB A ACCES A GRATUIT Il parvient à obtenir une bourse d’études du « Phelps Stokes Fund de New-Work » pour l’Université de Lisbonne au Portugal et une fois à l’aéroport, les policiers tentent en vain de l’empêcher de prendre son vol mais avec ses documents en règle, ils le laissent partir. En 1951, à Lisbonne, Agostino Neto de l’Angola, Amilcar Cabral de la Guinée Bissau, Francisco José Tenreiro de São Tomé-et-Principe, Marcelino dos Santos de la Mozambique et Eduardo Mondlane créent une organisation dénommée le « Centre d’études Africaines » (CEA), chargée de faire la promotion des cultures africaines, spécifiquement celles des Etats colonisés par les portugais. En Afrique du Sud, les miniers fondent le « Partido de Libertacao de Moçambique » ou « Parti de la Libération du Mozambique » et Eduardo Mondlane content de voir les noirs s’organiser déclare : « L’unité nationale est née du travail en commun dans les galeries profondes, étroites et humides des mines d’or, de diamant et de charbon du Transvaal et de l’Orange Free State ». Après une année d’étude à Lisbonne au Portugal, Eduardo Mondlane se rend aux Etats-Unis d’Amérique avec sa bourse et obtient les titres de BA, MA et PhD en Sociologie dans les Universités d’Oberlin à Ohio et Northwestern d’Evanston de l’Illilois de 1951 à 1956. Intelligent et travailleur, il se fait remarquer et est sollicité pour débattre de certains problèmes africains. L’un de ses amis fait ses éloges : « L’éducation et la foi, les deux chances de salut pour l’Afrique, Mondlane en est le signe ! » Eduardo Mondlane est convaincu qu’il jouera un rôle dans la libération de son pays et se confie à ses camarades étudiants : « Même si j’aime la vie universitaire (…), j’ai décidé de consacrer le reste de ma vie à la lutte de libération jusqu’à l’indépendance de mon pays. » Au cours d’un camp d’été organisé par l’Eglise méthodiste, Eduardo Mondlane fait la connaissance de Janet Rae Johnson, une américaine d’origine suédoise née en 1935 dans l’Illinois. Malgré le coup de foudre de Janet Rae Johnson pour Eduardo Mondlane, le père de la jeune fille s’oppose à cette relation et l’exprime clairement : « Je ne veux pas de Noirs dans cette maison » mais Eduardo Mondlane et Janet Rae Johnson se marient en 1956 et trois (3) enfants naissent de cette union, Eduardo Chivambo Mondlane Jr né en 1957 ; Jennifer Chude Mondlane née le 13 mai 1958 et Nyeleti Brooke Mondlane née le 17 janvier 1962. En tant que Chercheur des événements qui ont conduit à l’Indépendance des Etats africains, Eduardo Mondlane est recruté en 1957 à l’ »Organisation des Nations-Unies » (ONU) à la Commission des Tutelles et est chargé de préparer le référendum sur la réunification du Cameroun. La Mission Suisse invite Eduardo Mondlane au Mozambique en 1957 et lorsque ses compatriotes voient son passeport diplomatique délivré par l’ONU, ils sont épatés de savoir que l’un des leurs occupe un poste aussi important dans une organisation internationale. Eduardo Mondlane est dignement fêté par les siens avec à ses côtés, son épouse et ses enfants. Durant son séjour au Mozambique, Eduardo Mondlane échange avec les nationalistes locaux, notamment Samora Machel un indépendantiste mozambicain très engagé qui exerce la fonction d’infirmer au Mozambique. Lorsqu’Eduardo Mondlane retourne aux Etats-Unis d’Amérique, il démissionne de son poste à l’ONU et enseigne provisoirement l’Histoire et la Sociologie à l’Université de Syracuse de New York. Le 9 décembre 1961, la Grande-Bretagne accorde à l’Etat de Tanganyika, aujourd’hui appelé Tanzanie, son indépendance et Julius Nyerere, premier Président de l’Etat de Tanganyika invite Eduardo Mondlane à s’installer en Tanzanie. Eduardo Mondlane accepte et s’y rend en 1963. Il dit : « Bien que j’aime la vie universitaire plus que tout au monde, je suis décidé à consacrer le restant de ma vie à la lutte de libération jusqu’à l’indépendance de mon pays. Puisque le peuple mozambicain est prêt à lutter pour sa liberté, il sera libre quels que soient les obstacles que les portugais et leurs alliés impérialistes dressent sur sa route.» En Tanzanie, il constate que des milliers de ses compatriotes sont réfugiés dans ce pays et sont confrontés à de nombreuses difficultés. Il réalise aussi qu’il existe plusieurs mouvements politiques mozambicains dispersés et construits sur des bases ethniques ou constitués en structures d’entre-aide pour les parents restés au Mozambique ; Le « Mozambique East African Association » d’Uria Simango ; L’ »Uniao Democratica Nacional » (UDENAMO) d’Adelino Gwanba de la Rhodésie du Sud Zimbabwe ; L’« Uniao Nacional Africana de Moçambique Independente » (UNAMI) ; Le « Baltazar Chagonga au Nyassaland » du Malawi ; Le « Tanganyika-Mozambique Makonde Union » et le « Makonde-Makua Zanzibar Union« , tous deux basés en Tanzanie. En 1961, les deux mouvements, le « Tanganyika-Mozambique Makonde Union » et le « Makonde-Makua Zanzibar Union Makonde » fusionnent pour donner naissance au Makonde African National Unio (MANU). L’UDENAMO, quitte la Rhodésie du Sud pour s’installer à Dar-es-Salam en Tanzanie et devient la structure de rassemblement des autres mouvements de libération de la Mozambique. Eduardo Mondlane encourage ces différents mouvements à fusionner et sa position est partagée par des leaders africains tels, Marcelino dos Santos du Mozambique, Kwamé Nkrumah du Ghana et le Président Julius Nyerere de la Tanzanie. Le 25 juin 1962, naît en Tanzanie, le « Front de Libération du Mozambique » (FRELIMO) et Eduardo Mondlane devient le Président à l’unanimité. Uria Simango est nommé Vice-président ; David Mabunda, Secrétaire général ; Paulo Gumane Secrétaire général adjoint ; Marcelino dos Santos, Secrétaire aux Affaires Extérieures et Armando Guebuza responsable de l’éducation. Des volontaires affluent pour intégrer le FRELIMO. Certains fuient la Mozambique pour la Tanzanie et d’autres mettent fin à leurs études en Europe pour rejoindre le FRELIMO afin de combattre les colons. En septembre 1962, au premier Congrès du FRELIMO, il est adopté, les résolutions pour la mise en place d’une plate-forme capable de rassembler tous les patriotes mozambicains et adopter la tactique de libération du Mozambique. En Tanzanie, Eduardo Mondlane et son épouse sillonnent l’Afrique, l’Europe et l’Asie pour faire connaître le combat du FRELIMO et obtenir des aides. Par ce lobbying, le FRELIMO est reconnu sur la scène internationale et le Comité de libération de l’OUA le considère comme l’unique représentant de la population mozambicaine. La Russie et la Chine s’engagent aux côtés du FRELIMO, quand bien même le dirigeant portugais, António de Oliveira Salaza s’oppose à toute indépendance de la Mozambique. En 1963, le Président du FRELIMO choisit 250 de ses combattants pour une formation militaire en Algérie gouvernée par le Président nationaliste et panafricain Ahmed Ben Bella. Samora Machel intègre le FRELIMO en février 1963 et le 25 septembre 1964, la lutte armée est déclenchée contre les colons portugais au Mozambique. Vers la fin de l’année 1965, l’armée coloniale s’enfuit des provinces de Cabo Delgado et de Niassa mais la gestion de ces localités libérées pose problème entre les membres du FRELIMO parce que le Comité central en fonction depuis octobre 1966 désavoue les partisans du système traditionnel. En effet, les défenseurs de ce système traditionnel ne veulent pas de femmes au FRELIMO, car, pour eux, les femmes ne doivent jouer que leur rôle d’épouses et de mères. Ils refusent également que les militaires s’impliquent dans la gestion de la population civile parce que leur rôle est de combattre. Pour les intellectuels du FRELIMO, progressistes en majorité, le FRELIMO doit répondre aux aspirations du peuple mozambicain qui ne souhaite que vivre libre et mieux et non être soumis à une autre forme d’oppression après celle des colons. Avec le discours galvanisant des leaders du Comité central, l’effectif des combattants du FRELIMO connaît une hausse mais une crise naît avant le deuxième Congrès. Un courant, dirigé par Lazaro Nkavandame, Secrétaire de la province de Cabo Delgado, et des personnes non instruites, en particulier des paysans recrutés par le FRELIMO après la création de camps d’entraînements militaires à la frontière Tanzanie-Mozambique ne veulent pas de la collectivisation de la production, ni de la création de coopératives et veulent le maintien de la propriété privée. Ce groupe ne veut pas non plus que les magasins créés soient contrôlés par le FRELIMO et souhaitent conserver la pratique des colons portugais qui consiste à gérer eux-mêmes les magasins et expédier les fonds dans leurs comptes basés à l’extérieur. De plus, les partisans de Lazaro Nkavandame ne veulent pas d’une guerre populaire et prolongée. Ils proposent qu’après la prise de Naspaki et de Namele, toutes les forces du FRELIMO se concentrent contre la base portugaise de Mueda pour la prendre et déclencher immédiatement la lutte armée dans les villes. Eduardo Mondlane, Président du FRELIMO ; Samora Machel, Chef du Département de la Défense et le Commandant militaire de la Province rejettent en bloc les propositions de Lazaro Nkavandame et trouvent l’attaque des villes suicidaire. Depuis le début de la guerre, les villes contrôlées par les colons sont épargnées et les affrontements se déroulent dans les campagnes, le temps de mobiliser la masse avant d’attaquer les villes. En dépit du refus de la direction du FRELIMO, Lazaro Nkavandame, lance des attaques et accuse le Département de la Défense du FRELIMO de perdre le temps dans la mobilisation de la masse. Lazaro Nkavandame demande à la population de ne plus convoyer de la nourriture aux combattants du FRELIMO parce qu’ils refusent de se battre. Le deuxième Congrès du FRELIMO est programmé pour le mois de juillet 1968 et bien avant, Lazaro Nkavandame et son groupe exigent que le Congrès se tienne immédiatement, sans travaux préparatoires et hors du Mozambique. Après consultation des autres membres du FRELIMO, le Congrès est fixé à des dates pouvant permettre la tenue de travaux préparatoires c’est-à-dire du 20 au 25 juillet 1968. De plus, ils décident aussi que le Congrès du FRELIMO se tienne sur le territoire mozambicain, à Matchedie, dans la province libérée de Niassa. Lazaro Nkavandame et ses partisans ne souhaitent pas que les délégués des « Forces Populaires de Libération du Mozambique » (FPLM) et les militants désignés par les masses participent à ce Congrès. Les sympathisants du FRELIMO désapprouvent cette dernière proposition car, exclure ceux qui se battent sur le terrain alors que le FRELIMO a pour fondement la lutte armée, c’est dénaturer le combat du FRELIMO selon le Comité central. Les militaires désignés par les masses sont donc invités à ce Congrès. Pour des Observateurs, l’intention non exprimée en demandant la non-tenue du Congrès au Mozambique par le groupe de Lazaro Nkavandame, est d’empêcher les militaires du FRELIMO qui s’opposent à eux de participer à ce deuxième Congrès. Désabusés, Lazaro Nkavandame et ses hommes lancent une campagne d’intoxication en faisant croire aux militants de sa province que les militaires veulent tuer les délégués qui participeront à ce Congrès. Inquiets, les Chairmens de Cabo Delgado, refusent de se joindre au deuxième Congrès du FRELIMO. La Direction du FRELIMO organise aussitôt une nouvelle délégation composée de cadres soutenus par les masses et désignés par celles-ci. Les tentatives de sabotage du Congrès par Lazaro Nkavandame et son groupe n’ayant pas abouti, l’armée portugaise intervient directement et lance une attaque aérienne à Matchedie, le lieu où se tient le Congrès. Or, le FRELIMO a pris toutes les mesures sécuritaires et l’attaque ne produit aucune perte en vie humaine. Avec la présence effective de 170 délégués et Observateurs, le deuxième Congrès du FRELIMO se déroule du 20 au 25 juillet 1968 sans problème. LOIDICI.BIZ – SITE WEB A ACCES A GRATUIT Les résolutions adoptées sont : 1°) l’extension des libertés démocratiques à tout le Mozambique ; 2°) la transformation de la lutte armée en guerre populaire révolutionnaire ; 3°) l’acceptation de la guerre populaire prolongée ; 4°) l’établissement du pouvoir populaire 5°) et la désignation des ennemis du FRELIMO qui sont le colonialisme et le système impérialiste. Eduardo Mondlane est réélu Président du FRELIMO et bien que n’étant pas d’idéologie marxiste, il fait cette déclaration : « Je suis maintenant convaincu que la ligne politique du FRELIMO est plus claire que jamais (…) La base commune que nous tous avions au moment de la formation du FRELIMO résultait du colonialisme et de la conviction que nous savions qu’il fallait détruire la structure coloniale et établir une nouvelle structure sociale. Mais quel type de structure, quel type d’organisation, personne ne le savait. Non, il y en avait quelques uns qui savaient, avaient des idées, mais ils avaient seulement des notions théoriques qui se sont elles-mêmes transformées au cours de la lutte. Mais maintenant, il y a une transformation qualitative de la pensée qui s’est développée pendant ces six années passées et on conclut qu’aujourd’hui, le FRELIMO est plus socialiste, révolutionnaire et progressiste que jamais, et que notre ligne est chaque jour plus orientée vers le socialisme marxiste-léniniste. Pourquoi ? Parce que dans les conditions de vie au Mozambique, notre ennemi ne nous laisse pas de choix. Je pense, sans compromettre le FRELIMO, qui jusqu’à ce moment n’a fait aucune déclaration officielle se réclamant du marxisme-léninisme, que notre mouvement va de plus en plus dans cette direction, de par les conditions dans lesquelles nous travaillons et combattons. » Pour résoudre la crise qui existe entre les membres du FRELIMO, le Président de la Tanzanie, Julius Nyerere par l’intermédiaire de son Parti, l’Union nationale Africaine du Tanganyika (TANU) organise une réunion à Mtwara en Tanzanie. Au cours des échanges, Lazaro Nkavandame refuse la réélection d’Eduardo Mondlane et décide unilatéralement de gérer seul la province de Cabo Delgado. Les leaders du FRELIMO sauront par la suite que les colons ont promis à Lazaro Nkavandame et à ses compagnons d’accorder l’indépendance à la province de Cabo Delgado s’il parvenait à neutraliser le FRELIMO. Le 22 décembre 1968, vers le fleuve Rovuma de Mozambique, Lazaro Nkavandame fait assassiner le Chef adjoint des opérations de l’Etat-mort du FPLM nommé Paulo Samuel Kamkhomba. Ce militant du FRELIMO avait été chargé de coordonner l’application des décisions du deuxième Congrès du FRELIMO à Cabo Delgado. Exaspéré, le Président du FRELIMO, Eduardo Mondlane demande aux autorités tanzaniennes d’arrêter Lazaro Nkavandame et ses hommes pour les remettre au FRELIMO. Eduardo Mondlane adresse ce message écrit aux responsables du mouvement : « Quand en juin-août quelques « Chairmen » du Cabo Delgado ont essayé de créer la confusion en refusant d’aller au 2ème congrès du FRELIMO dans la province de Niassa, frère Kamkhomba a réussi à maintenir les autres « Chairmen » de sa province contre les principes établis par le mouvement et, en conséquence, plus de la moitié des délégués du Cabo Delgado n’ont pu participer au congrès. » Le 3 janvier 1969, une réunion du Comité exécutif du FRELIMO destitue Lazaro Nkavandame de son poste de Secrétaire de la province de Cabo Delgado. Le Comité exécutif suspend également les personnes impliquées dans l’assassinat de Paulo Samuel Kamkhomba. Sur le point d’être arrêté, Lazaro Nkavandame se rend à l’armée portugaise. Le 3 février 1969, Eduardo Mondlane qui se trouve à sa résidence de Dar-es-Salaam en Tanzanie reçoit un colis de livres et en essayant d’ouvrir le colis, la bombe cachée dans l’un des ouvrages explose et tue le leader mozambicain Eduardo Mondlane. Le leader nationaliste Eduardo Mondlane meurt sur le coup, le corps déchiqueté. La mort d’Eduardo Mondlane survient à peine un mois après la tentative d’arrestation de Lazaro Nkavandame. Des observateurs avisés déclarent que le plan a été élaboré par la Police portugaise avec la complicité de Lazaro Nkavandame, Mateus Gwengere et Silverio Nungu. Le même jour, 3 février 1969, le Comité central du FRELIMO à partir de Dar-Es-Salaam en Tanzanie produit ce communiqué : « Le Front de Libération du Mozambique (FRELIMO) à la douloureuse tâche d’annoncer, avec le plus profond chagrin, la mort de son Président, Dr Eduardo Mondlane, survenue à la suite d’un barbare attentat à la bombe, perpétré par les ennemis de la liberté du Mozambique et de l’Afrique. Cet acte criminel des ennemis de notre Révolution constitue un grand coup et une perte irrémédiable pour notre lutte de libération. Le Dr Eduardo Mondlane était un combattant de la liberté dévoué, un grand et infatigable leader, un nationaliste intelligent et courageux, aimé et respecté par tous les hommes épris de liberté de par le monde. Sa mort prématurée est une grande perte pour notre lutte et la place qu’il occupait dans nos cœurs et dans le contexte de notre mouvement de libération ne pourra être remplacée qu’au prix de difficultés et de sacrifices innombrables. Mais notre Révolutionne s’arrêtera par. Cet assassinat barbare du Président du FRELIMO est une démonstration frappante de nos succès militaires au Mozambique ; Incapables de surmonter leur défaite au Mozambique, les colonialistes portugais et leurs alliés impérialistes ont établi, depuis longtemps un plan d’assassinat systématiques de leaders du FRELIMO. Nous avons déjà fait remarquer l’année dernière, lors de notre conférence de presse, tenue après l’assaut de notre siège au cours duquel un membre du Comité Central a trouvé la mort, que c’était là un complot portugais pour assassiner les plus grands leaders du FRELIMO, pour démoraliser notre peuple et démanteler ainsi notre lutte de libération. Ce complot a été démasqué par cette dernière action criminelle et il continue encore. Mais notre lutte de libération au Mozambique ne s’arrêtera pas. Elle continuera jusqu’à ce que notre Patrie aimée soit complètement libérée de ses usurpateurs étrangers. Avec ou sans assassinats de leaders du FRELIMO, notre lutte ira de l’avant et toujours plus vigoureuse jusqu’à ce que les colonialistes portugais soient expulsés de notre Patrie et le Peuple Mozambicain soit libéré. » L’épouse d’Eduardo Mondlane, Janet Mondlane poursuit le combat avec le FRELIMO jusqu’à l’indépendance totale du Mozambique proclamée le 25 juin 1975. Samora Machel devient le Président de la République populaire du Mozambique.
PAROLE FORTE DU LEADER EDUARDO MONDLANE CHIVAMBO :
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