SYLVANUS OLYMPIO DU TOGO

 

Le Togo est un Etat situé en Afrique de l’ouest qui  partage ses frontières, au nord, avec le Burkina Faso ; Au sud avec le golfe de Guinée ; A l’est avec le Bénin et à l’ouest avec le Ghana.

Au 19ème siècle, lors de la première guerre mondiale, les togolais s’opposent à l’occupation de leur pays par les allemands et lorsque ces allemands sont défaits à la guerre, les vainqueurs qui sont les français et les britanniques se voient confier le Togo par la « Société des Nations » au Royaume-Uni. Une partie occupée par les français appelée  le  « Togo-français » ou « Togo oriental » ou « Togoland français«  et l’autre gérée par les britanniques, le « Togo-britannique » ou « Togo occidental » ou « Togoland britannique« .

C’est à cette époque que Sylvanus Épiphanio Kwami Olympio naît le  6 septembre 1902, à Kpando au Togo-britannique d’Epiphanie Elpidio Olympio et de Fidelia Afé.

Epiphanie Elpidio Olympio, le père de Sylvanus Olympio est un riche commerçant, né en 1873 d’une princesse nigériane d’Abéokuta et d’un père brésilien, Francisco da Silva Olympio, trafiquant d’esclaves établi à Agoué.

Le père de Sylvanus Olympio  a une trentaine d’enfants.

La mère de Sylvanus Olympio, Fidelia Afé, togolaise de l’ethnie Mamprusi, de la région de Dapaong, au nord du Togo vendue comme esclave à la famille Olympio attire le père de Sylvanus Olympio  qui la prend pour femme  après son affranchissement.

Sylvanus Olympio débute ses études primaires à la Mission catholique allemande de Lomé  et à dix-huit (8) ans, il  part à Londres, en Angleterre, pour poursuivre ses études et obtient la « London Matriculation« , l’équivalent du  Baccalauréat dans le système français.

De 1922 à 1926, il entame son cursus universitaire à la section Economie politique à la « London School of Economics »  et décroche son diplôme en Economie.

Intéressé par le Droit, Sylvanus Olympio  se rend à Dijon en France et suit des cours de Droit international et lorsqu’il achève cette spécialité  à Vienne en Autriche, il est embauché en 1927 par la société  « Lever Brothers Company »  de Londres.

En 1928, Sylvanus Olympio rentre en Afrique et est muté à Lagos au Nigéria, comme adjoint à l’agent général de la compagnie Unilever de Lagos, puis à Hô au Ghana comme Chef de la représentation d’Unilever.

En 1930, Sylvanus Olympio  épouse Dinah Grunitzky, une métisse née  de Hodjinga et d’Harry Grunitzky, un officier allemand d’origine polonaise, reconverti dans le commerce qui a onze  (11) enfants de mères africaines.

De sa première femme, nommée Ayoko, originaire d’Aného Legbanou, il a cinq enfants qui sont Walter Grunitzky, Maria Grunitzky, Eleck Grunitzky, Berta Grunitzky et Pazian Grunitzky.

Sa deuxième femme, Hodjinga, originaire de Keta, lui  donne deux  enfants, Dinah Grunitzky et Félix Grunitzky.

Otodopé, originaire d’Eoué lui donne une fille, Victoria Agnès Grunitzky.

Sa quatrième femme, Nadou, originaire d’Aného, a une fille nommée Paulina Grunitzky.

La cinquième, Dédé, originaire de Lomé, donne vie à un garçon, Friedrich-Franz Grunitzky et enfin, sa sixième femme, Sossimè, originaire d’Atakpamé, donne naissance à un garçon baptisé Nicolas Grunizky.

Sylvanus Olympio et Dinah Grunitzky donnent naissance quant à eux à cinq enfants dont deux filles et trois garçons, Kwassi Bonito Herbert, Ablavi Rosita Olympio, Kwami Gilchrist Sylvanus Olympio, Ayaba Sylvana Olympio et Kodzo Elpidio Fernando Olympio.

Affecté en 1932 au Togo, à  « United Africa Company » (UAC), une filiale du groupe Unilever, Sylvanus Olympio occupe le poste d’Agent général.

Respecté de ses pairs, il devient Président de la Chambre de commerce de Lomé et est Conseiller technique du « Conseil des notables« , un groupement pré-politique créé par les colons français pour permettre aux togolais d’administrer le Togo, à leurs côtés.

En 1934, pour contribuer à la formation politique  de ses compatriotes, Sylvanus Olympio  prend part au Comité de rédaction du « Guide du Togo« , un journal du togolais Savi de Tové.

Nicolas Grunitzky, frère de Dinah Grunitzky et beau-frère de Sylvanus Olympio, qui a suivi des études d’ingénieur en Travaux Publics en Europe rentre  au Togo en 1938, s’installe chez le couple Olympio et rejoint l’Administration coloniale française mais il démissionne plus tard  pour créer sa propre entreprise.

Sylvanus Olympio est désigné Vice-président du « Cercle des Amitiés Françaises » et participe, le 13 mars 1941, avec son beau-frère Nicolas Grunitzky à la mise en place du « Comité de l’Unité Togolaise » (CUT) ou UNITOGO.

Le CUT créé par Lucien Montagné, Gouverneur du territoire, à la veille de son retour définitif en France a pour mission de  resserrer  les liens entre les habitants du Togo sous tutelle de la France et veiller au bien-être moral, social et matériel de la population togolaise.

Pour certains Observateurs, le CUT a été créé pour contrecarrer les actions du  « Deutsche Togo Bund » qui lui, a été fondé et enregistré en 1924 à  Accra au Ghana pour réclamer la reconstitution du territoire togolais avec le respect des limites fixées par les allemands et qui exclut le partage du Togo en « Togo-français » et en  « Togo-britannique« .

En somme, le « Deutsche Togo Bund »  revendique la réunification du Togo.

Sylvanus Olympio est  arrêté à Djougou au Bénin en 1942 avec six de ses collègues et tous inculpés  pour avoir travaillé avec une entreprise  britannique qui représente un ennemi de la France.

En effet, lors de la signature de l’Armistice du 22 juin 1940 entre le Troisième Reich d’Adolphe Hitler et du dernier gouvernement de la Troisième République française menée par le Maréchal Philippe Pétain, un pacte a été imposé à la France l’obligeant à faire des britanniques un ennemi commun.

Après trois  semaines de détention, Sylvanus Olympio  est libéré une nuit et il lui est intimé l’ordre de quitter la prison sans moyen de déplacement.  Il marche  sur plusieurs kilomètres  pour atteindre la ville.

Sylvanus Olympio et  son beau-frère Nicolas Grunitzky ne s’entendent plus à partir de 1946.

Nationaliste, Olympio Sylvanus souhaite l’indépendance immédiate du Togo quand Nicolas Grunitzky, « Pro-français »  penche pour une indépendance progressive sous tutelle de la France.

Le 9 avril 1946, Nicolas Grunizky et un cousin de Sylvanus Olympio, Pedro Olympio créent le  « Parti Togolais du Progrès » (PTP).

Lors du Conseil d’administration du CUT du 27 avril 1946, Sylvanus Olympio joue de tout son poids pour transformer le CUT en Parti politique dans le but de favoriser la réunification du peuple Ewé dispersé que l’on retrouve au Sud-est du Ghana, au Sud-ouest du Bénin et majoritaire au sud du Togo.

Le CUT souhaite aussi obtenir l’indépendance du Togo.

Un intellectuel ghanéen, Daniel Chapman, professeur au Collège d’Achimota du Ghana lutte pour la réunification du peuple Ewé avec son association « All Ewé Conférence« .

Le 8 décembre 1946, Sylvanus Olympio  est élu député  et en remportant la majorité des sièges de l’assemblée représentative, il est désigné Président de cette Assemblée nationale.

Sylvanus Olympio devient le représentant au Togo de l’association « All Ewé Conférence » et part le 8 octobre 1947 pour l’Organisation des Nations Unies (ONU) afin de défendre le projet d’unification du peuple Ewé.

Pour cette cause, il intervient aux tribunes de  l’ONU chaque année.

LOIDICI.BIZ – SITE WEB A ACCES A GRATUIT

Convoqué à Paris en 1951 par les dirigeants du groupe Unilever, il est demandé à Sylvanus Olympio de choisir entre démissionner du groupe ou rester comme salarié à Unilever et partir en croisière dans un Etat européen aux frais de la société.

Pour beaucoup, le but inavoué de cette proposition est d’empêcher Sylvanus Olympio  de prendre part à la session de  l’ONU de 1951 où il profite de cette audience pour critiquer  les manœuvres des français au Togo.

Sylvanus Olympio  dépose sa démission et revient au Togo.

En dépit des menaces et des manœuvres des autorités françaises, le CUT remporte les consultations électorales et le 25 septembre 1951, Sylvanus Olympio  suscite la création du  mouvement de la jeunesse togolaise, « Justice, Union, Vigilance, Education, Nationalisme, Ténacité, Optimisme » (JUVENTO).

Le JUVENTO, plus radical pour l’indépendance  immédiate du Togo s’allie au CUT de Sylvanus Olympio.

Antoine Méatchi, un politique togolais, ressortissant du Nord du Togo quitte le CUT et créé son propre Parti politique, l’ »Union des Chefs et des Populations du Nord » (UCPN) afin de soutenir Nicolas Grunitzky dans le nord du Togo pour le compte des colons français.

En 1954, pour éloigner Sylvanus Olympio de la scène politique, l’Administration coloniale française le fait condamner par le Tribunal correctionnel pour  « Non-déclaration de revenus à l’étranger« .

Sylvanus Olympio perd ses droits civiques pour cinq ans et est condamné à payer la somme de cinq millions de Francs (5.000.000 F) CFA comme dommages et intérêts.

Dans un rapport secret signé de P. Pauc, il est écrit : « (…) seul Sylvanus Olympio est dangereux. Sans lui, l’Unité Togolaise sera facilement orientable et réductible. »

Entretemps, le PTP de Nicolas Grunizky et de Pedro Olympio et l’UCPN  d’Antoine Méatchi gagnent les consultations électorales.

En 1951, un autre jeune togolais du nom de Etienne Gnassingbé Eyadéma né le 26 décembre 1935 à Pya au nord du Togo de Gnassingbé Tigué et de N’Danida et d’ethnie Kabyè, qui fera parler de lui dans l’histoire du Togo est exclu de l’école primaire pour fainéantise et voyoucratie et ne franchit pas l’étape du cours élémentaire.

Très jeune, Etienne Gnassingbé Eyadéma devient orphelin de père ; Décès de son père survenu à la suite d’une bastonnade de soldats français.

Etienne Gnassingbé Eyadéma s’engage dans le métayage chez un agriculteur de Kabou avant de rentrer dans les rangs de l’armée en 1954.

En 1956, la loi n° 56-619 du 23 juin 1956, présentée à l’Assemblée nationale française par le ministre français d’Outre-mer, Gaston Defferre, dite  « Loi cadre  Defferre » et défendue par le Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny offre l’autonomie aux colonies françaises d’Afrique noire par l’instauration des Conseils de gouvernement et un collège unique.

Sur la base de cette loi, Nicolas Grunizky et Antoine Méatchi crient victoire et le 30 août 1956, la République autonome du « Togo-Français »  est proclamée.

La division  « Togo-Français »   et « Togo-Britannique »  est définitivement consommée.

Le 10 septembre 1956, Nicolas Grunitzky est investi Premier ministre et forme le premier gouvernement autonome du « Togo-Français« .  Il est installé le  18 septembre 1956 par le ministre de la France d’Outre-Mer.

L’autre partie du Togo, le  « Togo-Britannique » est annexé au Ghana le 6 mars 1957.

Très en colère de perdre une partie du territoire de son pays  avec cette annexion, la tension monte entre le Premier ministre togolais Sylvanus Olympio et le Premier ministre ghanéen, Kwame NKrumah.

Les élections législatives pour la désignation d’une nouvelle assemblée devant affranchir le « Togo-Français »  de sa tutelle française sont programmées pour  le  27 avril 1958 mais, estimant que la France est capable d’organiser des fraudes, les indépendantistes exigent que les opérations soient supervisées par l’ONU.

La requête est acceptée et une mission de l’ONU conduite par l’hawaïen, Max Dorsinville  est dépêchée au Togo.

Déchu de ses droits civiques, Sylvanus Olympio ne peut prendre part à ces élections mais les indépendantistes ou « Ablodé« , rassemblés autour du CUT remportent les élections avec 33 sièges sur les 46 à pourvoir.

Les  recherches de l’historien togolais Godwin Tété, membre de  l’ »Alliance Nationale pour le Changement« (ANC), permettent d’assimiler l’ »Ablodé » aux mots : « Indépendance ; Liberté ;  Libération ; Affranchissement (d’un esclave) ; Délivrance ;  Paix ;  Tranquillité ;  Démocratie; Auto-détermination ; Etat de droit ; Droit de l’homme ;  Souveraineté ; Dignité… »

Ce mot, de l’ethnie « Ewé« , prononcé pour la première fois par  le Révérend Pasteur Samuel Ataklo qui officie à la Mission Protestante de Lomé et, expliqué aux colons provoque le courroux de l’Administration coloniale.

Après que son Parti politique ait remporté les élections législatives, le pouvoir colonial accorde l’amnistie à Sylvanus Olympio et lui restitue ses droits civiques.

Le 16 mai 1958, Sylvanus Olympio est proclamé Premier ministre de la République du Togo, à la place de son beau-frère Nicolas Grunitzky.

Sylvanus Olympio se rend en France en 1958 pour  rencontrer le Général de Gaulle afin de discuter de l’indépendance de son pays et dans les échanges, la France annonce au Premier ministre  Sylvanus Olympio que les dépenses de sa  tutelle pendant la colonisation s’élèvent  à huit cent millions de Francs (800.000.000 F) CFA.

Surpris, Sylvanus Olympio reporte la proclamation de l’indépendance de son pays de deux ans,  le temps de rembourser la dette car, pour lui, un Etat endetté ne peut être libre.

Le 15 novembre 1959, pour les élections municipales, le CUT remporte 136 sièges sur 160 et Sylvanus Olympio est élu maire de la ville de Lomé.

Le 27 avril 1960, à minuit, Sylvanus OLYMPIO proclame l’indépendance du Togo et prononce ce discours :

« Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?

La nuit est longue mais le jour vient !

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Le grand jour tant souhaité est enfin arrivé.

Notre pays, le cher Togo qui, depuis 1884, a été successivement protectorat allemand… » (Lire le discours entier ICI)

Ce 27 avril 1960 devant l’Assemblée nationale, il tient son discours programme : « Nous ne disposons pas actuellement de ces énormes capitaux indispensables à tout progrès matériel, mais nous disposons de nos bras et de nos têtes qui peuvent en tenir lieu.  Mettez-vous à l‘œuvre, que la tâche qui incombe à chacun soit accompli de la manière la plus parfaite et le reste nous sera donné par surcroît…» (Lire le discours entier ICI)

Le Premier Président du Togo, quoiqu’indépendant, ne souhaite pas rompre brutalement les liens avec la France  comme l’avait fait le Président guinéen Sékou Touré. Il dit donc à l’AFP en mai 1960 : « Je vais faire mon possible pour que mon pays se passe de la France. »

Pendant la guerre froide, le Président du Togo refuse de s’immiscer entre les puissances mondiales et dit : « En morcelant l’Afrique en subdivisions économiques et commerciales, les forces coloniales lui ont fait le plus grand tort. La conséquence de cette politique a été l’isolation économique des peuples qui vivent côte à côte, dans quelques cas flagrants à quelques kilomètres seulement les uns des autres, tout en dirigeant le flot des ressources vers les métropoles. (…) Nous devons d’abord traiter ces problèmes. Alors nous serions sur la voie qui mène vers l’Unité Africaine. (…) Nous ne pouvons pas nous permettre d’être impliqués dans la guerre froide avec toutes ses conséquences. Les États africains se trouvent au stade le plus bas du développement économique et devraient sagement consacrer toutes leurs énergies et ressources au développement de leurs peuples.»

Aux élections présidentielles du 9 avril 1961, Sylvanus Olympio est élu premier Président de la République du Togo avec  560.938 voix sur 564.617 votants, soit 97 % des suffrages exprimés.

Nicolas Grunitzky du PTP et Antoine Méatchi de l’UCPN prennent  la route de l’exil.

Au pouvoir, Sylvanus Olympio demande à la société minière, exploitante du phosphate du Togo de revoir le contrat pour que le Togo tire profit de l’exploitation de ce produit.

L’exigence du Président togolais déplaît aux actionnaires de cette société occidentale et lorsque Sylvanus Olympio sollicite les autorités françaises pour la construction d’un Port à Lomé, elles refusent, sous prétexte qu’un Port est en construction au Dahomey appelé aujourd’hui Bénin, Etat voisin au Togo.

Sylvanus Olympio se tourne vers l’Allemagne qui accepte de lui prêter des millions de Deutsche Mark et, en bon économiste, il gère convenablement ce prêt et limite  les aides extérieures.

Il parvient en 1960 à équilibrer le budget déficitaire.

Sylvanus Olympio réprime le gaspillage des ressources de l’Etat et, pour montrer l’exemple, il vit modestement et se promène quelquefois à vélo dans les rues de la capitale togolaise. Pour se rendre chez son ministre des Finances, Dr Hospice Dominique Coco, il part de chez lui à vélo du 1 rue Vauban, sans escorte  pour l’autre extrémité de la rue Vauban où réside ce ministre.

Le Président Sylvanus Olympio exhorte ses  compatriotes à adopter un esprit citoyen en mettant un accent particulier sur le respect des biens publics et en veillant à  la propreté devant les habitations, au travail, au sein des  écoles, les services hospitaliers et l’ensemble des lieux aussi bien privés que publics.

La majorité du peuple togolais est informée des retours de ses voyages officiels et des versements dans les caisses du Trésor public des sommes reçues non dépensées.

La politique d’austérité du Président  Sylvanus Olympio irrite certains togolais mais le Président togolais  poursuit ses réformes pour mobiliser le plus de ressources possibles afin de ne plus s’endetter auprès des Organismes internationaux.

Pour le Président Sylvanus Olympio, la fin de la soumission de son pays à la France passe par l’acquisition de son indépendance économique. Il juge que l’endettement oblige les dirigeants africains à se plier au diktat des occidentaux.

Il diversifie les  sources  d’enrichissement et à une allocution à la nation de 1961, il est heureux  de communiquer au peuple togolais, la participation du Togo, au capital social de la « Compagnie Togolaise des Mines  du Bénin » (CTMB) à hauteur de 20 %.

Chaque mois, le Président togolais informe ses compatriotes de nouvelles réalisations ainsi que les étapes des programmes gouvernementaux importants notamment celles des écoles, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des organisations décentralisées et autres et va jusqu’à donner des conseils à ses homologues Présidents : « Les dirigeants africains doivent également prendre garde  de pousser leur peuple trop loin. Le mécanisme du gouvernement national est nouveau, et nous devons enseigner sa signification à nos peuples avant qu’ils n’acceptent ses maximes. Les dirigeants qui proposent de financer leurs projets par des taxes lourdes doivent d’abord savoir si leurs peuples sont déjà prêts à les accepter, et si, à ce stade, il n’est pas plus raisonnable de réaliser des programmes préliminaires d’éducation avec une amélioration modérée du niveau de vie que d’envisager de vastes programmes de grands travaux.»

Pour  lui, l’indépendance monétaire est une priorité de sa gouvernance.

Inquiétés de ces démarches tentant à se défaire de l’emprise de la France, les médias Occidentaux et les autorités françaises traitent le Président Sylvanus Olympio de tyran, de dictateur qui torture ses opposants et il est même qualifié de tribaliste  qui  déteste les Kabyè, une ethnie du Nord du Togo.

Le 30 janvier 1962, un conflit éclate entre le CUT et la  JUVENTO  et le Président dissout ce mouvement de jeunesse, chasse du gouvernement ses membres et arrête, à Mango, dans la région des savanes, quelques partisans du JUVENTO.

Le Président Sylvanus Olympio part aux Etats-Unis d’Amérique le 22 mars 1962, pour rencontrer le Président américain John F. Kennedy et seulement six mois après, le 6 septembre 1962, son ministre des Finances, Dr Hospice Dominique Coco et lui entament la mise en œuvre de la nouvelle monnaie du Togo.

Les pourparlers ne se passent pas bien avec le Président français Valéry Giscard d’Estaing qui ne soutient pas ce projet.

Le Président togolais se tourne vers les américains, les allemands et les anglais qui approuvent cette démarche d’indépendance monétaire et lui accordent des fonds pour les réserves en devises internationales de la future Banque centrale du Togo.

Après consultation des députés, la loi n° 62-20 du 12 décembre 1962, portant création d’une banque centrale du Togo est adoptée avec ses statuts et l’appel d’offre lancé par les autorités togolaises est remporté par l’Angleterre.

La nouvelle monnaie est garantie par l’Allemagne.

Le français Jean de Menthon, chargé de rendre compte au Directeur général de la Caisse française de coopération sur les événements économiques au Togo dit :  « De plus en plus, les Français se méfiaient d’Olympio et souhaitaient s’en débarrasser. Non parce qu’il était devenu un autocrate, ce qui n’avait rien d’original, mais parce qu’il était toujours considéré à Paris comme un anti-français. Ne négociait-il pas d’ailleurs pour quitter la zone franc ? Est-ce grave pour la  France ? En soi, bien sûr que non, mais d’autres pays auraient pu suivre. Car, là où Sékou Touré, peu habile financier et contraint à improviser, avait échoué, Olympio, gestionnaire qualifié et prévoyant pouvait réussir peut-être en accrochant sa monnaie au mark. »

Le 26 Octobre 1962, le Président togolais est fier de dire qu’il a trouvé le moyen pour soutenir la stabilité et la force de leur nouvelle monnaie nationale à venir : « (…)  La participation du Togo au titre de son adhésion aux quatre organismes précités s’élève à 6,7 milliards de francs CFA. Nous en avons payé 330 millions en devises fortes. Le reste étant engagé sous forme d’obligations au gouvernement. Je  suis heureux de vous annoncer que le Togo a acquis mieux que jamais un standing international par son adhésion à ces quatre organisations qui nous aideront non seulement à financer notre développement économique, mais aussi à soutenir la  stabilité et la force de notre monnaie nationale, ce qui nous permettra d’augmenter notre propre contribution à notre développement. Déjà, nous concentrons nos efforts pour rationaliser l’allocation de nos ressources financières, dans le bus de dégager de plus en plus un budget d’équipement. La banque nationale d’émission viendra appuyer cette orientation en nous permettant de mieux soutenir les objectifs économiques nationaux. »

Mais, le Président togolais est freiné dans son élan de création de sa monnaie par une affaire de démobilisation de troupes militaires.

Justement, la même année, en 1962, les démobilisés de la guerre d’Algérie  sont mis à la disposition de leurs Etats respectifs par la France et à l’annonce de cette nouvelle, le Président togolais confie à son gendre : « C’est une bonne chose, mais je crains fort que les troupes africaines qui seront démobilisées ne viennent semer le trouble dans nos pays. »

Des analystes exposent que l’envoi de ces démobilisés dans leurs pays respectifs vise le Togo et constitue une manœuvre des français pour faire tomber le pouvoir  du Togo.

Les craintes du Président se concrétisent lorsque les démobilisés appelés aussi « Demi-soldes« , avec en leur sein, le Sergent Gnassingbé Eyadéma, émettent le souhait d’intégrer l’armée du Togo.

Le Président Sylvanus Olympio refuse et justifie son opposition par la non-nécessité de doubler l’effectif de l’armée du Togo pour un jeune Etat  qui n’a que deux ans d’indépendance ; Un Etat qui se trouve dans l’incapacité de  payer tous ces démobilisés.

Pour le Président, ces soldats démobilisés qui ont reçu des indemnités de la France pour avoir participer à la guerre d’Algérie gagneraient à investir dans des activités productrices de revenus pour eux-mêmes et pour le développement du Togo.

Les  soldats démobilisés campent sur leur position et exigent d’être intégrés à l’armée togolaise.

L’ambassadeur de France au Togo, Henri Mazoyer, se propose de régler le conflit et entreprend des négociations. Il devient l’intermédiaire entre le Président Sylvanus Olympio et les démobilisés togolais installés provisoirement à Cotonou au Bénin et à Niamey au Niger.

Par l’entremise d’un combattant démobilisé nommé Emmanuel Bodjolle, qui a choisi d’acheter un taxi, pour  le transport Lomé-Cotonou, l’ambassadeur de France rentre en contact avec les soldats démobilisés.

Emmanuel Bodjolle leur communique la décision du Président Sylvanus Olympio  de ne pouvoir les faire entrer  dans l’armée  togolaise.

La commission leur parvient quelques jours avant l’inauguration du Centre culturel français et le Président togolais qui soupçonne l’ambassadeur de France d’être du côté des  soldats démobilisés ne se rend pas à l’évènement.

La tension est explosive au Togo en ce mois de janvier 1963 et beaucoup de personnes chuchotent déjà un coup d’Etat en préparation.

Et, le dimanche 13 janvier 1963, le Président de la République du Togo Sylvanus Olympio est assassiné deux jours avant la rupture de la collaboration avec la banque de France programmée pour le mardi  15 janvier 1963.

L’assassinat du Président togolais est le premier coup d’Etat militaire en Afrique noire.

Le 14 Janvier 1963, le Président américain, John F. Kennedy déclare : « L’assassinat tragique du Président Olympio est un coup porté au progrès pour la stabilité des  gouvernements en Afrique. C’est aussi une perte non seulement pour son propre pays, mais aussi pour tous ceux qui l’ont connu ici  aux Etats-Unis. Sa visite, en mars 1962, a été utile pour accroître notre compréhension des problèmes de l’Afrique et de ses aspirations. Son rôle positif, en favorisant la coopération entre les pays anglophones et francophones a aidé à promouvoir la paix et le progrès en Afrique. Son jugement sage et ses qualités d’homme d’Etat seront regrettés par toutes les nations qui chérissent les valeurs humaines et les idéaux. »

Le 22 novembre 1963, soit onze mois après la mort du Président Sylvanus Olympio, le Président américain John F. Kennedy est lui-même assassiné.

La France est accusée d’avoir commandité l’assassinat du premier Président du Togo mais l’un des putschistes, l’Adjudant-chef Emmanuel Bodjollé, chef d’Etat-major âgé  de trente-cinq (35) ans  et ancien intermédiaire entre l’ambassadeur de France et les démobilisés dit : « Pourquoi incriminer la France dans une affaire visiblement afro-africaine ? »

Des personnes affirment  que le projet de  l’assassinat du Président a mûri bien avant le dimanche 13 janvier 1963.

Des témoins racontent les conditions dans lesquelles le Président Sylvanus Olympio  a été assassiné : «Ce samedi 12 janvier 1963, jour de l’attaque de la résidence du Président Sylvanus  Olympio, aux environs de 23 heures, six (6) militaires dont l’Adjudant-chef Emmanuel Bodjollé et le Sergent Gnassingbé Eyadéma discutaient avec les deux policiers qui gardaient la résidence du Président Sylvanus  Olympio.  Le Président  Sylvanus  Olympio  qui soupçonnait un danger en a profité, pour enfiler un bermuda et une chemise beiges et est descendu sans chaussures au-rez-de-chaussée.Il est sorti par la fenêtre, traversé le jardin et escaladé le mur qui sépare sa résidence à celle de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique.  Les assaillants ont enfoncé le portail et tenu en respect l’épouse du Président Dinah Olympio, les enfants et les domestiques.Ils ont tiré partout sur les meubles et ont demandé où se trouvait le Président Sylvanus  Olympio.  Dinah Olympio avait répondu : « Il est descendu depuis plus d’une heure. J’ignore où il se trouve ».Les fouilles des démobilisés  n’ayant rien donné, certains soldats, sont retournés à leur base après avoir volé tous les objets de valeur.Très tôt le matin du dimanche  13 janvier 1963, terrifié par l’absence du Président à sa résidence au cas où le coup d’Etat échoue, le Sergent Gnassingbé Eyadéma encore au sein de la résidence du Président a téléphoné à une tierce personne, en présence de Dinah Olympio et ses enfants et a dit : « Allo Monsieur Mazoyer ? Nous sommes chez lui. Il a disparu. » Aussitôt, l’ambassadeur de France au Togo a appelé son homologue américain, Léon Poullada pour  vérifier si le Président  Sylvanus Olympio ne se serait pas caché dans l’enceinte de son Ambassade du fait du mur mitoyen qui sépare les deux résidences.   La fille du Président togolais, Sofia Olympio affirme qu’à 3H30 du matin, le téléphone avait  sonné à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique.A la suite de l’appel de l’ambassadeur de France, l’ambassadeur américain a quitté précipitamment, en voiture, sa résidence située à trois kilomètres  de l’ambassade et à son arrivée, il est tombé nez-à-nez avec  des  putschistes togolais ivres et drogués  qui l’ont menacé mais l’ambassadeur s’est frayé un chemin pour pénétrer dans l’enceinte de son ambassade, juste gardé par un veilleur de nuit.De sa cachette, Sylvanus Olympio  qui a reconnu l’ambassadeur américain  l’a interpelé doucement et lui a expliqué la tentative de son assassinat.  Léon Poullada, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique lui a demandé de patienter, le temps pour lui d’ouvrir les portes de l’ambassade.Une fois à l’intérieur du bâtiment, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique Léon Poullada a téléphoné à l’ambassadeur de France Henri Mazoyer pour lui raconter la tentative d’assassinat du Président Sylvanus Olympio et lui a indiqué la cachette du Président togolais.L’ambassadeur de France Henri Mazoyer aurait dit à l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique de lui remettre Sylvanus Olympio et de se tenir hors du coup.  L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique n’a plus agi et est resté caché dans le bâtiment. La fille du Président togolais, Sofia Olympio affirme que l’ambassadeur américain était mort de peur. En 1964, le fils de l’ex-Président togolais Olympio, Gilchrist Olympio est reçu pendant  trois heures à Washington par Léon Poullada, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en fonction pendant l’assassinat de son père qui, traumatisé par cette mort, a quitté le département d’Etat selon certaines indiscrétions.L’ancien ambassadeur américain lui a confié que c’était l’ambassadeur de France, Henri Mazoyer, qui l’avait prévenu cette nuit-là qu’un coup d’Etat était en cours et que le Président s’était peut-être réfugié dans son ambassade.A 6H40, Léon Poullada dit avoir appelé au téléphone le Vice-consul américain  nommé Richard L. Storch qui habitait en face de l’ambassade afin qu’il surveille, à partir de chez lui, tout ce qui se passera à l’extérieur. Richard L. Storch dit avoir vu des hommes armés faire des va-et-vient et à 7H10, il a aperçu un civil en short et pieds nus au milieu des putschistes, certainement le Président Sylvanus Olympio.A 7H15, lorsqu’il s’est déplacé pour se servir un café, il a entendu trois détonations, à intervalles réguliers et a dit le lendemain dans son rapport : « Des coups de feu trop espacés pour être des tirs contre un homme en fuite ». Du coin de la rue, l’épouse de Sylvanus  Olympio a surgit et a dit : « (Je) trouvai mon mari gisant au sol, criblé de balles et mutilé à coups de baïonnette.Me voyant arriver, les militaires se sauvèrent. Une française qui avait suivi la scène vint me raccompagner à mon domicile.Ainsi mourut mon mari.Jusqu’à l’ultime instant de son existence, il n’a jamais fait preuve de violence ; c’est ainsi que je l’ai vu mourir en homme digne et courageux, rendant son dernier soupir pour un pays dont il avait toujours été fier et qu’il aimait de toute la force de son âme. »

Une autre version indique que : « Quelques minutes après les échanges d’appels entre les ambassadeurs, des soldats ont pénétré dans l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, au Togo, et ont fait sortir Sylvanus Olympio de sa cachette et transporté dans une jeep au camp du Régiment inter-armés français dirigé par le Commandant de gendarmerie, Georges Maîtrier.Gnassingbé Eyadémaa demandé à un soldat de tuer le Président installé sous un arbre mais ce soldat nommé Kara, a tiré vers les pieds du prisonnier sans le toucher.  Fâché, Gnassingbé Eyadéma s’est lui-même saisi du  fusil-mitrailleur et a  tiré à bout portant, deux balles  dans sa poitrine et une dans son abdomen.  Ensuite, il a sorti un couteau de sa poche, coupé les veines du Président et, avec  la baïonnette de l’arme, lui a tailladé la cuisse gauche.Laissé au sol, le Président Sylvanus Olympio a agonisé pendant de bonnes heures, s’est vidé de son sang avant de mourir.  Le  Président Sylvanus Olympio est déclaré mort aux environs de 7H30 alors que la Radio France Internationale (RFI) avait déjà annoncé sa mort à 06 h du matin. Gnassingbé  Eyadéma aurait été récompensé par le pouvoir colonial avec la somme de trois cents mille Francs (300.000 F) CFA.Il aurait raconté fièrement l’assassinat du Président à ses camarades et dit : « C’est comme ça que je faisais en Algérie pour m’assurer que mes victimes étaient bien mortes. » Devant les reporters des magazines et journaux, Time Magazine, Le Figaro, Le Monde  et Paris Match, Gnassingbé Eyadéma se rétracte et dit : Je l’ai descendu parce qu’il ne voulait pas avancer. »

LOIDICI.BIZ – SITE WEB A ACCES A GRATUIT

Le 15 janvier 1963, Gnassingbé Eyadéma raconte les faits à deux journalistes, Chauvel du journal Le Figaro  et Pendergast de  Time-Life : « A l’aube, nous sommes allés vers le parking de l’ambassade américaine. L’homme, tout sali, était blotti sous le volant d’une Plymouth de l’ambassade, garée là. On lui a dit : « Nous t’avons repéré, sors de là ! ». Olympio a répliqué : « D’accord, j’arrive. Où m’emmenez-vous ? »  « Au camp militaire », avons-nous répondu. Il est descendu de la voiture et a marché vers le portail de l’ambassade. Là, il s’est arrêté (réalisant sans doute que, s’il continuait, il perdait toute protection diplomatique), et nous a dit qu’il ne voulait pas aller plus loin. Je décidai : c’est un homme important, et il pourrait y avoir des manifestations de foule s’il restait ici. Aussi, je l’ai descendu. »

Cette version est rejetée en bloc par des personnes qui exposent que : « Gnassingbé Eyadéma se serait confié à des proches d’avoir reçu la somme de 300.000 FCFA pour avouer un crime qu’il n’a pas commis. Le Sergent-chef Gnassingbé Eyadéma n’était pas sur les lieux du crime et c’est plutôt le gendarme français, Georges Maîtrier et conseiller du Président  Sylvanus Olympio qui lui a tiré deux (2) balles ;  L’une dans sa poitrine et l’autre balle dans son bassin. Lorsque le Président togolais s’est écroulé, un soldat togolais a sectionné les veines de ses mains et de sa cuisse droite. Ce jour-là, samedi 12 janvier 1963, il y avait, autour de la résidence du Président togolais, les soldats Emmanuel Bodjollé, Janvier Chango, Robert Adéwui et le soldat français en question, Georges Maîtrier.  Sur le champ, l’arme du crime est enterrée dans le jardin de l’ambassade en France au Togo puis transférée en France. »

Le Président Sylvanus Olympio assassiné, les soldats démobilisés font appel à son beau-frère Nicolas Grunitzky en exil pour devenir Président du Togo.

Le mardi 15 avril 1963, Sylvanus Olympio est inhumé à Agoué dans sa ville natale.

Dans une interview accordée le 16 avril 1963  à la Radio togolaise, le Président désigné, Nicolas Grunitzky déclare : « Personne ne voulait tuer le président (Sylvanus Olympio). C’est un accident. »

Jacques Foccard ou « Monsieur Afrique » dit : « Avec lui (Sylvanus Olympio), mes relations n’ont jamais été cordiales comme celles que j’entretenais avec Nicolas Grunitzky »

Le 13 janvier 1967, le militaire Gnassingbé Eyadéma fait un coup d’Etat et chasse le Président Nicolas Grunitzky du pouvoir qui s’exile en Côte d’Ivoire où il monte une entreprise de travaux publics avec  son collaborateur, Apedo-Amah.

Mais, après un accident de la circulation en Côte d’Ivoire et transporté d’urgence en France, l’ex-Président du Togo Nicolas Grunitzky décède à l’hôpital Salpêtrière de Paris le samedi 27 septembre 1969.

Gnassingbé Eyadéma, devenu le nouvel homme fort du Togo, très proche des français instaure un régime dictatorial pendant trente-huit (38) ans dans ce pays, sans être inquiété.

Pour contenir la révolte de la population d’Agoué du fait de l’assassinat du Président Sylvanus Olympio, le Président Gnassingbé Eyadéma, habilement et secrètement, avance sa frontière vers une autre ville togolaise appelée Hilacondji.

Par cet acte, le Président Gnassingbé Eyadéma livre gratuitement un ban de son territoire à l’Etat voisin, le Bénin.

La ville d’Agoué devient ainsi une ville du Bénin et, composée de huit villages, elle est située dans le département de Mono, une division administrative de Grand-Popo.

La dépouille du Président Sylvanus Olympio se trouve donc sur le territoire béninois et son fils, Gilchrist Olympio dit : « Nous n’avons jamais dit que le corps de mon père serait transféré quelque part. Nous ne croyons pas que cette question est si importante. Il y a des gens qui sont enterrés à des milliers de kilomètres de leur pays mais l’essentiel c’est leur esprit et âme qui veillent sur le pays. Cela fait partie des sujets sur lesquels on a eu à échanger plusieurs fois.  Mais, personnellement, ce n’est pas un problème. Le corps et l’âme de Sylvanus Olympio se trouvent au Bénin, non loin de Lomé en paix. Bon ! Nous sommes contents, les Béninois aussi sont contents de l’avoir sur leur territoire, alors nous préférons le garder ici pour le moment (…) Peut-être nos progénitures pourront en débattre autrement mais déplacer le corps d’un lieu à un autre, ce n’est pas d’actualité pour le moment.»

Le 20 septembre 1964, environ vingt (20) mois après la mort de son époux, Dinah  Olympio toujours affectée, décède à Cotonou  au Bénin et est inhumée à Agoué  au Bénin aux côtés de son époux, le Président Sylvanus Olympio.

A bord de l’avion qui le transporte en France  pour des soins, le Président Gnassingbé Eyadéma décède le 5 février 2005.

Le 4 mai 2005, l’un des enfants de l’ex-Président du Togo, Faure Gnassingbé devient Président du Togo.

 

PAROLE FORTE DU LEADER SYLVANUS OLYMPIO :

« Il n’est pas plus raisonnable de réaliser des programmes préliminaires
d’éducation avec une amélioration modérée du niveau de vie que
d’envisager de vastes programmes de grands travaux »

———————————————————————————————-
———————————————————————————————-