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Au Sénégal, 28 élèves abusées dans une école coranique Un homme de 36 ans, issu d’une influente famille religieuse, a été condamné, le 8 juin, à vingt ans de prison pour viol sur des fillettes et des jeunes filles à qui il était censé dispenser un apprentissage religieux. Des jeunes filles de moins de 15 ans à la barre, pour dénoncer les violations sexuelles imposées par leur maître coranique, Serigne Khadim Mbacké, âgé de 36 ans… La scène s’est déroulée ce 8 juin devant la chambre criminelle de Diourbel, à 170 kilomètres à l’est de Dakar. Vingt-huit fillettes et jeunes filles âgées de 7 à 15 ans au moment des faits ont été violentées dans la daraa (école coranique) créée en 2017 par ce “descendant direct de Serigne Touba, le fondateur du mouridisme”, une des plus importantes confréries musulmanes du pays, rappelle L’Observateur dans sa version papier du 9 juin. Le quotidien sénégalais s’est procuré l’ordonnance de mise en accusation et de renvoi devant la chambre criminelle de Diourbel, et relate “l’horreur révélée par les faits”. “Les 26 victimes présentes à l’audience ont raconté le film de l’horreur dans les moindres détails”, indique Seneweb dans un compte rendu de l’audience. Reconnu coupable d’abus sexuels, l’accusé a été condamné à vingt ans de prison, la peine maximale. Cavale et complot “L’affaire s’était ébruitée dans la cité religieuse de Touba le 31 mai 2023. Cette matinée-là, le domicile de Serigne Khadim Mbacké […] avait été pris pour cible par une foule furieuse. […] Informé par son frère de la procédure initiée contre lui, et de la volonté des riverains de s’attaquer à son domicile le même soir, Serigne Khadim Mbacké [est alors parti] en cavale pendant soixante jours”, déroule ce média. “Aucun soupçon ne pesait sur le maître coranique qui jouissait d’une très bonne réputation auprès des populations jusqu’au jour où N.A.N. (âgée de 15 ans à l’époque) annonçait à sa mère sa volonté d’abandonner l’apprentissage du Coran pour devenir femme de ménage”, ajoute Libération dans sa version papier du 9 juin. C’est finalement la petite sœur de N.A.N., elle aussi élève de Serigne Mbacké, qui a osé énoncer “les atrocités” à un membre de sa famille. L’information s’est alors propagée et a “créé une véritable psychose” chez les parents d’élèves, poursuit Libération. Ces derniers ont saisi la gendarmerie de la ville sainte de Touba, également siège de la confrérie des mourides. “Ignominie” Les récits des élèves sont tristement concordants. Le religieux profitait de l’absence de son épouse pour les attirer individuellement dans sa chambre, et abuser sexuellement d’elles. Elles ont été victimes de pénétrations sexuelles, de fellations et de frottements. Citée par L’Observateur, l’une d’elles a raconté à la barre : “J’avais 12 ans à l’époque. Serigne Khadim m’a appelée dans sa chambre où il m’a déshabillée et pénétrée plusieurs fois. Ça a duré plusieurs années. Je n’ai jamais saigné. Il me donnait du ‘safara’ [potion mystique] en me disant que si jamais je racontais ce qu’il me faisait, son grand chapelet lui dirait tout. Et j’en paierai le prix.” Face à ces courageux témoignages, et aux nombreux certificats médicaux corroborant leurs versions des faits, le maître coranique a obstinément nié tout acte de violences sexuelles, et a évoqué un “complot”. Libération dévoile, par la voix d’Oumou Sya Sadio, juriste chargée des femmes et de la protection de l’enfance à Amnesty International Sénégal, que la famille de l’accusé “avait proposé de l’argent aux parents des victimes pour acheter leur silence” et exerçait “des pressions communautaires”. Dénonçant une “ignominie” et des témoignages “glaçants”, le procureur a requis vingt ans d’emprisonnement. Après délibération, la chambre criminelle de Diourbel a suivi ces réquisitions. Source : courrierinternational – Publié le 12 juin 2026 |