Nos prédécesseurs ont souligné les questions des rapports entre le juge et son environnement, du volume de son travail. Nous n’y reviendrons pas pour éviter les redites.
En revanche, nous tenons à faire observer que le palais de Justice d’Abidjan fourmillent d’indélicates gens, ” des marchands de droit ” qui proposent leurs services à qui veut les écouter. Ils se vantent de pouvoir faire obtenir, à titre d’exemple, un certificat de nationalité ivoirienne ou un casier judiciaire sur-le-champ a leurs interlocuteurs qui les demandent parce qu’entretenant, prétendent-i1s, des rapports privilégiés avec le juge. Ce service, bien évidemment, comporte une contrepartie en numéraire excédant bien souvent le coût officiel de l’acte.
Nous avons été surpris, un jour, de constater qu’un ’’marchand de droit ” ait perçu la somme de dix mille crânes pour faire établir un certificat de nationalité ivoirienne à un vieil homme. Celui-ci apprendra à ses dépens, le lendemain, qu’il avait été dupé par un vil intermédiaire.
Le palais de justice doit être purifié de tous ces gens sans scrupule pour conserver son image de temple de THEMIS et non celle d’une pétaudière.
Conquérir cette image suppose également l’amélioration des conditions de travail des magistrats. La vétusté, l’exiguïté et la carence des locaux du palais de justice n’y contribuent guère.
La solution, pensent les magistrats, consisterait à opérer une ponction sur les fonds recueillis par le greffe, même si l’on n’entend pas qu’ils en bénéficient directement par des primes, pour améliorer leurs conditions matérielles de travail.
Ces observations émises, notons que, suivant en cela la dualité classique du siège et du parquet, notre initiation à l’exercice de la profession de magistrat, nous a successivement conduit dans ces deux services du tribunal avec un passage sommaire au greffe.