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AFFAIRE JUDICIAIRE DE L’ANCIEN CHAMPION PARALYMPIQUE SUD-AFRICAIN OSCAR PISTORIUS
L’histoire d’Oscar Pistorius, des podiums à la prison Imaginez un athlète au sommet de sa gloire, chacune de ses victoires est célébrée par des millions de fans à travers le monde et son nom est synonyme de combativité et d’abnégation. Mais que se passe-t-il lorsqu’une étoile brillante chute brusquement du ciel ? Dans cet épisode, nous allons vous plonger dans l’incroyable histoire d’Oscar Pistorius, un champion olympique qui est passé en une nuit du statut d’icône du sport à celui de criminel. Oscar Pistorius : la naissance d’un champion Oscar Pistorius voit le jour le 22 novembre 1986 à Sandton, une banlieue huppée de Johannesburg, en Afrique du Sud. Malheureusement, il vient au monde sans péronés, une condition qui la conduit à l’amputation de ses deux jambes avant son premier anniversaire. Ses parents, loin de s’apitoyer sur le sort de leur fils, décident de l’élever comme n’importe quel enfant et lui font pratiquer bon nombre de sports différents. Mais c’est bien de l’athlétisme qu’il tombe littéralement amoureux. Alors que sa mère meurt dans des circonstances tragiques, elle lui délivre ses dernières volontés : il ne doit jamais oublier à quel point il est spécial et capable de grands exploits. À partir de là, Oscar Pistorius va tout faire pour entrer dans la légende. Oscar Pistorius : Exploits et polémiques D’abord discret, sa renommée atteint un nouveau sommet en 2007 lorsqu’il décroche deux médailles d’Or aux Championnats du Monde de para-athlétisme. Convaincu qu’il est capable de battre n’importe qui, Oscar Pistorius va tout faire pour participer au Championnat du Monde des valides. Mais son désir de s’extraire des championnats handisport va soulever énormément de débats au sein de la communauté sportive. En 2007, malgré son exclusion des Championnats du Monde d’Osaka, Pistorius a l’opportunité de participer à deux meetings avec des athlètes non handicapés. Sa performance à Rome, où il termine deuxième lors d’une course B, fait la Une des médias internationaux, suscitant une vague de réactions, aussi bien positives que négatives. La Fédération Internationale, face à la médiatisation de cette performance controversée décide d’envoyer des délégués sur place pour une analyse technique de sa performance. La question fondamentale est alors de savoir si sa prothèse en fibre de carbone lui donne ou non un avantage sur les athlètes valides. Les conclusions du rapport sont claires. Ces prothèses conférent à Pistorius un avantage notable, rendant sa participation à des compétitions internationales, inéquitables. Toutefois, Pistorius, refuse d’accepter ces conclusions. Avec la détermination qui le caractérise, il fait réaliser des tests supplémentaires par des chercheurs américains. Ces derniers invalident les conclusions initiales. Avec cette nouvelle preuve en main, Oscar se tourne vers le Tribunal arbitral du sport pour tenter un recours. Et ça marche ! En mai 2008, le verdict tombe : Pistorius peut concourir aux côtés d’athlètes valides. Cette polémique et sa capacité à courir avec des valides, va considérablement accroitre sa notoriété. En Afrique du Sud, Oscar devient une véritable légende. Dans un pays encore en pleine guérison des cicatrices de l’Apartheid, il incarne bien plus qu’un simple athlète. Il est devenu une icône nationale symbole de résilience. Chacune de ses victoires est célébrée comme celle d’un peuple tout entier. En peu de temps, son visage s’affiche en Une de tous les journaux. On le surnomme « Blade Runner » et son influence s’étend bien au-delà des pistes. C’est simple, il devient l’un des athlètes les plus bankables de sa génération surpassant presque le légendaire Usain Bolt. Il signe même un contrat de longue durée avec Nike, pour un montant encore jamais négocié dans l’histoire de l’athlétisme. Derrière les podiums : une vie privée tumultueus Au-delà de ses prouesses athlétiques, Oscar Pistorius semble s’épanouir dans le monde du show business et des célébrités. À plusieurs reprises, il a été aperçu en compagnie de mannequins et il se crée une image de playboy sportif. En 2012, il fait la rencontre de Reeva Steenkamp, une mannequin en fin de carrière. Très vite, ils deviennent inséparables. Ils s’affichent ensemble lors d’événements mondains et sur les réseaux sociaux. La beauté éblouissante de Reeva, combinée à la notoriété d’Oscar en fait l’un des couples les plus médiatisés du pays. Reeva était une femme engagée. Diplômée de Droit, elle était militante contre les violences faites aux femmes et avait l’intention d’utiliser sa notoriété et ses compétences d’avocate pour sensibiliser à cette cause. Elle n’en aura jamais l’occasion… En quelques mois seulement, Oscar passe du petit copain attentionné et attentif à un homme particulièrement jaloux et possessif. Son oppression est telle que Reeva décide de mettre un terme à leur relation seulement 3 mois après l’avoir rencontré. Le 14 février 2013, jour de la Saint Valentin, elle lui annonce son intention de mettre fin à leur histoire Mais cette décision, qui devait la libérer de cette relation toxique l’a au contraire condamnée. Le monstre derrière le champion Cette nuit-là, la luxueuse demeure d’Oscar à Pretoria, a été le théâtre d’une tragédie. Tout commence par une dispute, qui devient suffisamment intense pour alerter les voisins. Ils entendent des cris de femme venant de son appartement. Selon la version des enquêteurs, la dispute aurait atteint un tel sommet que Reeva se serait réfugiée dans la salle de bain, verrouillant la porte pour se protéger. Peu de temps après, quatre coups de feu résonnent. Reeva est touchée et décède peu après. Oscar Pistorius, quant à lui, présente une version très différente des faits. Selon lui, en pleine nuit, il aurait entendu un bruit venant de la salle de bain, le faisant croire à un cambriolage. Pris de panique et vulnérable sans ses prothèses, il tire à travers la porte, croyant éliminer une menace. Quelle ne fut pas son horreur lorsqu’il réalisa que la personne derrière la porte était Reeva, sa bien-aimée. Dès le lendemain, cette tragédie fait la une des journaux du monde entier. Un héros national, champion paralympique, est soudainement plongé dans un drame mortel. Tous ses sponsors envoient des communiqués de presse pour annoncer qu’ils mettent immédiatement fin au contrat qui les lie avec le champion du monde. Nike, arrive de justesse à retirer une publicité qui devait sortir quelques jours plus tard. Une pub tragiquement prémonitoire puisqu’elle représentait Oscar en pleine impulsion dans les starting-block avec la légende “I am the bullet in the chamber“. Pistorius se retrouve seul sans presque plus aucun soutien. Pour les journalistes, cette nuit du 14 février 2013 reste un mystère. Les détails exacts de ce qui s’est réellement passé sont connus uniquement par les murs de cette maison et Oscar Pistorius lui-même. Ce sera donc au tribunal de trancher. Mais quelle sera la condamnation de celui qui fut un grand champion ? Comment les juges est les jurés ont-ils rendu leur décision ? Quelles furent les suites réelles de cette tragique affaire ? Vous le saurez en écoutant cet épisode. Source : danslateteduncoureur
—————————- OSCAR PISTORIUS EST SORTI DE PRISON, 11 ANS APRÈS LE MEURTRE DE SA COMPAGNE L’ex-champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius est sorti de prison vendredi, près de onze ans après le meurtre de sa compagne, Reeva Steenkamp. Il a été placé en liberté conditionnelle. L’ex-champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius est sorti de prison vendredi 5 janvier et est « maintenant chez lui », placé en liberté conditionnelle, près de onze ans après le meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp, a confirmé l’administration pénitentiaire. L’ancien athlète de 37 ans amputé des deux jambes, condamné pour meurtre et qui a purgé plus de la moitié de sa peine, a quitté en début de matinée la prison d’Atteridgeville, dans la banlieue de la capitale Pretoria. « Il a été admis dans le système correctionnel communautaire et est maintenant chez lui », a déclaré l’administration dans un communiqué, confirmant que sa remise en liberté conditionnelle est désormais effective. Ni l’heure, ni les détails logistiques n’avaient été communiqués au préalable par les autorités, qui ont invoqué des raisons de « sécurité ». Le sextuple champion paralympique a l’interdiction de s’exprimer dans les médias. Dans une déclaration écrite reçue par l’AFP quelques minutes avant la libération d’Oscar Pistorius, la mère de la victime a déclaré que les proches de Reeva Steenkamp étaient, eux, « condamnés à vie ». « Nous qui sommes encore là, nous sommes condamnés à vie », a regretté June Steenkamp. Demandant si « justice a été rendue à Reeva » et si « Oscar a purgé une peine suffisante », elle a expliqué qu »‘il n’y a jamais de justice dans la mesure où l’être cher ne reviendra jamais ». La famille Steenkamp ne s’était pas formellement opposée à la libération conditionnelle de l’ex-champion. Mais June Steenkamp avait affirmé ne toujours pas croire « à la version des faits d’Oscar » et être convaincue que ce dernier « ne s’est pas réhabilité » en détention. Dans la nuit du 13 au 14 février 2013, Oscar Pistorius avait tué la mannequin Reeva Steenkamp, 29 ans, en tirant quatre fois à travers la porte de la salle de bain de sa chambre, dans sa maison ultrasécurisée de Pretoria. Un an auparavant, le sportif était entré dans la légende en s’alignant avec les valides au 400 mètres des Jeux olympiques de Londres, une première pour un double amputé. Arrêté au petit matin de la Saint-Valentin 2013, Oscar Pistorius nie avoir fait feu dans un accès de rage, affirmant avoir cru à la présence d’un cambrioleur. Une version qu’il maintient tout au long de la saga judiciaire qui tient les médias en haleine pendant les quatre années suivantes. Aménagement de peine Au terme de son premier procès ouvert en 2014 et retransmis en direct à la télévision, le coureur, surnommé « Blade Runner » en référence à ses prothèses de carbone, écope de cinq ans de prison pour homicide involontaire. Mais le parquet estime la peine « scandaleusement clémente » et réclame une requalification en meurtre. Après plusieurs appels et la lecture crue d’un rapport d’autopsie de la victime qui provoqua les vomissements de l’accusé, ce dernier est finalement condamné fin 2017 à 13 ans et cinq mois de réclusion pour meurtre. La loi sud-africaine prévoit qu’un condamné pour meurtre est éligible à un aménagement de peine une fois la moitié de sa peine écoulée. Fin novembre, l’administration pénitentiaire a annoncé la remise en liberté anticipée d’Oscar Pistorius. Dans le cadre de son placement en conditionnelle jusqu’à la fin de sa peine en 2029, Oscar Pistorius doit suivre une thérapie sur la gestion de la colère et les violences faites aux femmes. Il n’est pas autorisé à consommer de l’alcool. Il doit aussi accomplir des travaux d’intérêt général, mais il doit être présent à un domicile désigné dans une banlieue de Pretoria à certaines heures de la journée. Source : . France 24 – Publié le 05 janvier 2024 |