USA : UNE CAMEROUNAISE CONDAMNEE A 50 ANS DE PRISON

Kengne Raïssa condamnée à vie aux USA : la Camerounaise qui a choisi de se faire justice

Kengne Raïssa, ressortissante camerounaise établie à Atlanta, a été condamnée à deux peines d’emprisonnement à vie plus 50 ans par le tribunal du comté de Fulton. En 2022, elle avait abattu deux personnes dans son immeuble résidentiel du quartier de Buckhead. Une affaire qui mêle harcèlement présumé, procès perdu et vengeance fatale.

Ce qui s’est passé ce jour-là à Atlanta

Les faits remontent à 2022. Kengne Raïssa se rend au bureau de gestion de son immeuble de standing à Atlanta et ouvre le feu. Deux personnes sont tuées — le concierge et le directeur du leasing, soit le représentant du bailleur. Une troisième personne est grièvement blessée.

Ce n’est pas un acte impulsif sorti de nulle part.

Selon des témoignages de résidents locaux, dont une source camerounaise vivant à neuf minutes des lieux, Kengne Raïssa était engagée depuis plusieurs mois dans un litige avec la société d’électricité locale. Elle réclamait un dédommagement pour des coupures répétées qui auraient endommagé ses équipements. Un type de procès où le bailleur joue un rôle clé — il doit attester que l’incident a bien eu lieu dans l’appartement concerné. Selon cette même source, le bailleur n’aurait pas témoigné en sa faveur. Elle aurait tout perdu.

Quelques jours avant le drame, elle avait porté plainte contre les deux victimes. La justice n’avait pas encore bougé. Elle a décidé de ne pas attendre.

Une condamnation qui divise la diaspora camerounaise
Le verdict a provoqué des réactions vives au sein de la communauté camerounaise, au Cameroun comme aux États-Unis. Certains estiment que des circonstances atténuantes auraient pu être retenues si le profil de l’accusée avait été différent. D’autres rappellent, sans ambiguïté, que tuer deux personnes reste un crime, quelles que soient les frustrations accumulées.

Mais le contexte dérange quand même.

Une femme seule, immigrée africaine, face à un système juridique américain où les batailles de locataires contre les bailleurs et les sociétés de services se gagnent rarement facilement. Elle avait peut-être déjà calculé une indemnisation qui ne viendra jamais. Et quand l’espoir s’est effondré, elle a basculé.

C’est une vie détruite deux fois — d’abord par un système qui ne l’a pas entendue, ensuite par son propre choix.

Kengne Raïssa passera le reste de sa vie en prison américaine. Son histoire restera longtemps dans les mémoires de la diaspora camerounaise — comme un avertissement sur ce que la solitude et l’injustice peuvent produire, dans un pays étranger, sans filet.

Source : www.237online – Publié le 12 mai 2026