LA NAISSANCE DE L’ALLIANCE  DES ÉTATS DU SAHEL (AES) 

Tout  commence au Mali.

Elu le 11 août 2013, Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita dit IBK est confronté au terrorisme et après avoir avoué que la guerre avec les terroristes ne peut être gagnée sans armes aériennes, il décide de discuter avec eux puisque les indépendantistes Touaregs qui occupent les régions du Nord du Mali, à savoir Gao, Tombouctou et Kidal, interdisent aux autorités légales du Mali d’y accéder.

Ainsi,  les 15 mai 2015 et 20 juin 2015 à Bamako au Mali, après des négociations dans la ville d’Alger, en Algérie, il est signé,  pour mettre fin à la guerre au Mali, un Accord baptisé ʺAccord pour la Paix et la Réconciliation au Maliʺ  ou ʺAccord d’Algerʺ,  entre la République du Mali et le mouvement terroriste, la Coordination des Mouvements de l’AZAWAD (CMA).

Pourtant lorsque Monsieur Emmanuel Macron est fraîchement élu le 7 mai 2017  Président de la France et effectue une visite éclair au Mali le 19 mai 2017, au lieu de passer par Bamako pour être reçu par son homologue malien Ibrahim Boubacar Keita, il atterrit directement à Gao, le fief des indépendantistes Touaregs pour, selon lui, rencontrer les soldats français de Barkhane ; Une opération militaire créée le 1ᵉʳ août 2014 composée de militaires de l’armée française et de ses alliées pour lutter contre le terrorisme au Sahel et au Sahara, venu remplacer les opérations spéciales militaires françaises Serval et Epervier.

Lorsque le Président français s’excuse auprès du Président malien de ne pouvoir passer par Bamako lors de son passage au Mali, le Président malien dit : « Pas de problème. Je viendrai vous accueillir à Gao » et il s’exécute.

Contrairement au Président malien qui banalise l’acte du Président français, la population malienne se sent offensée et manifeste son mécontentement car pour elle, le Président français veut faire accepter  tacitement la partition  du Mali.

La population malienne est aussi exaspérée par la capacité de nuisance grandissante des terroristes qui se matérialise par les exactions  de ceux-ci qui revendiquent leurs attaques sous le couvert de différents noms,  l’Etat islamique dans le Grand Sahara, l’Aqmi, le Mujao, l’Absar Dine, le Front du Macina,  l’Al-Mourabitoune,  l’Ansaroul Islam… regroupé dans deux groupes principaux, l’Al-Qaïda et l’Etat islamique (EI).

Or, l’armée malienne est épaulée par des éléments de l’armée française au Mali avec Barkhane et des hommes de l’ONU avec la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) née de la Résolution 2690 du Conseil de sécurité de l’ONU, à sa 9365ème  séance du 30 juin 2023.

En 2016, avant la tenue de l’élection présidentielle au Mali, une polémique se lève sur le salaire du Président de la République et révélée par l’opposant Soumaïla Cissé qui, irrité par les 500 millions de Francs CFA qu’il reçoit annuellement du pouvoir en place, dénonce les 150 millions de Francs CFA par mois perçus comme salaire par le Président malien Ibrahim Boubacar Keita, les 75 millions de Francs CFA par mois touchés par le Premier ministre et les 30 millions de Francs CFA par mois du Président de l’Assemblée nationale.

Le peuple malien qui ne bénéficie que d’un SMIG de 35.000 Francs CFA est scandalisé par une telle déclaration.

Lors de l’élection présidentielle de 2018, l’opposant Soumaïla Cissé dépose une vingtaine de recours auprès de la Cour constitutionnelle le 04 août 2018 pour signaler le bourrage des urnes dans de nombreuses localités du Mali.

En dépit des accusations de fraudes massives et du recours de l’opposant malien Soumaïla Cissé, le candidat Ibrahim Boubacar Keita est réélu le 18 août 2018 au second tour avec 67,17 % contre 32,83 % pour l’opposant.

Le Président Ibrahim Boubacar Keita prête serment le 4 septembre 2018  et en 2020, les 29 mars et 19 avril, les élections législatives sont organisées.

A ces  élections législatives, l’opposant Soumaïla Cissé  pose sa  candidature et lors de la campagne,  son convoi est attaqué par des terroristes et il est enlevé le 25 mars 2020 avec onze membres de son équipe de campagne.

Son garde du corps est tué.

Bien que se trouvant entre les mains des terroristes, l’opposant Soumaïla Cissé est élu au premier tour.

L’insécurité née des actes des terroristes allant jusqu’à enlever des personnalités apeure la population et, les militaires qui manquent de moyens logistiques pour combattre ces terroristes commencent à grogner dans les casernes.

De plus, une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre des militaires maliens faire des exercices militaires avec des bouts de bois à la place de véritables armes à feu et une autre vidéo datant de 2019  qui refait surface présente le fils du Président malien nommé Karim Keïta, âgé de 40 ans, se promener dans des îles paradisiaques en compagnie de belles demoiselles alors que  Président de la Commission de défense et Sécurité de l’Assemblée nationale du Mali, il est chargée de l’achat d’armes.

Excédée, la population exige la démission du Président malien.

Un Mouvement de protestation né à la suite des élections législatives de 2020, le ʺMouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiquesʺ (M5-RFP) qui rassemble les Forces patriotiques du Mali, l’opposition et la société civile exige le départ du Président malien malgré la médiation de la CEDEAO.

Et, le 18 août 2020, des militaires arrêtent le Président malien Ibrahim Boubacar Keita, son Premier ministre Boubou Cissé et plusieurs membres du gouvernement.

Après que le Président malien ait fait sa déclaration de démission à la télévision malienne, dissout le gouvernement et dissout l’Assemblée nationale, il est conduit à plus de 10 kilomètres de Bamako, au camp Soundiata-Keïta de Kati. Il décède à Bamako au Mali le 16 janvier 2022.

Les initiateurs de l’arrestation de l’ex-Président malien Ibrahim Boubacar Keita, le  Colonel Assimi Goïta, le Colonel-major Ismaël Wagué, le Colonel Malick Diaw, le Colonel Sadio Camara et le Colonel Modibo Koné forment le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) pour diriger le Mali.

Le Colonel Assimi Goïta est désigné Président du CNSP le 19 août 2020.

Le Colonel-major Ismaël Wagué est nommé Ministre la Réconciliation nationale ; Le Colonel Sadio Camara, ministre de la Défense et des anciens Combattants et le Colonel Modibo Koné devient ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

A la suite du coup d’Etat du 18 août 2020, le Mali  tombe sur le coup des sanctions de l’Union africaine (UA) ; de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Union européenne (UE).

Le Président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou, Président du Niger, suspend le Mali de toutes ses instances le 18 août 2020 et le lendemain 19 août 2020, l’Union Africaine (UA) sous la direction de Moussa Faki Mahamat, suspend de son côté le Mali.

La France s’y mêle avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sous le Secrétariat général de Louise Mushikiwabo qui suspend le Mali de cette organisation le 25 août 2020.

Pour calmer la tension, les Colonels choisissent  un militaire à la retraite pour piloter la transition, le Colonel-major Bah N’Daw  qui nomme comme Premier ministre, Moctar Ouane, un civil, ex-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Désigné Vice-président, le Colonel Assimi Goïta est chargé des Questions de défense et de sécurité et le Colonel Malick Diaw est désigné Vice-Président également.

Le 9 octobre 2020, six mois après son enlèvement, les islamistes libèrent l’opposant Soumaïla Cissé, l’otage de nationalité française Sophie Pétronin et deux autres otages italiens en échange de 200 terroristes mais l’opposant Soumaïla Cissé décède le 20 décembre 2020 à Paris, en France du Covid.

Le 13 février 2021, le Président malien Bah N’Daw dans ses activités de Président du Mali, rend visite à son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso; Partage un déjeuner avec le Premier ministre britannique Tony Blair le 22 mars 2021 au Palais de Koulouba de Bamako ; Effectue une visite officielle en France sur invitation du Président français Emmanuel Macron le 26 janvier 2021; Echange le 19 mai 2021 avec le Président ivoirien Alassane Ouattara en France, au lendemain du Sommet sur le financement des économies africaines.

Des maliens avancent par la suite que le Président malien Bah N’Daw a changé de posture et tente de se ʺdécoloniser des Colonelsʺ et vise désormais la magistrature suprême.

Le 24 mai 2021, le Président malien forme son deuxième gouvernement, nomme unilatéralement les ministres de la Sécurité et de la Défense et écarte les Colonels Sadio Camara et Modibo Koné,  tous deux membres du CNSP.

Le Président Bah N’Daw est aussitôt mis aux arrêts, ainsi que le Premier ministre Moctar Ouane et le ministre de la Défense nouvellement promu.

Le coup d’état n’enregistre aucun mort connu.

Le Colonel Assimi Goïta est désigné Président de transition et le lendemain,  25 mai 2021, il annonce avoir démis de ses fonctions le Président Bah N’Daw pour ne l’avoir pas concerté comme le prescrit la Charte de la transition qui stipule que le Colonel Assimi Goïta doit être consulté pour la nomination des ministres de la Défense et de la Sécurité.

Fils d’un officier des Forces Armées maliennes, le Président Assimi Goïta est né le 9 novembre 1983 à Bamako au Mali et suit sa formation militaire au Mali, à l’académie militaire Prytanée de Kati et l’École militaire interarmés de Koulikoro.

Il choisit ensuite la spécialité Arme Blindée et de la Cavalerie.

Affecté en 2002  à la sortie de l’Ecole des Officiers au 134ème Escadron de reconnaissance à Gao, il devient  Commandant adjoint du 123ème  Escadron de reconnaissance de Kidal ; Commandant du sous groupement tactique N°3 dans le cadre de la lutte contre les groupes armés et des narco trafiquants à la frontière Mali-Algérie de  2011 à 2013 et commande la 2ème  Compagnie de soutien puis le 37ème  Régiment de Transport.

Titulaire de la Médaille Croix de la Valeur militaire, Médaille de Mérite militaire, Médaille commémorative de campagne, Médaille de la Défense française avec échelon Or, Médaille des Nations-Unies au Darfour, il est confronté, à la tête du Mali, à une pluie de sanctions des organisations sous régionales et certains Etats Occidentaux.

Devant le médiateur de la CEDEAO Goodluck Jonathan, le Président Bah N’Daw donne sa démission le 26 mai 2021 et bénéficie de sa liberté.

Le Mali reste suspendue de la CEDEAO le 30 mai 2021, de l’UA le 2 juin 2021 et de l’OIF le 3 juin 2021.

La CEDEAO menace le Mali de durcir les sanctions après ce deuxième coup d’Etat si les élections ne sont pas tenues le 27 février 2022 comme prévu.

Les Etats-Unis d’Amérique et la France préviennent de suspendre leurs opérations militaires conjointes avec le Mali et le  ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo produisent des communiqués séparément pour condamner le second coup d’Etat, celui du 18  août 2021 au Mali.

Malgré les sanctions et condamnations, le Président Assimi Goïta prête serment le 7 juin 2021 et annonce qu’il allouera les deux tiers de ses fonds de souveraineté annuel de 1,8 milliard de Francs CFA  aux œuvres socio-sanitaires pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles d’accès.

Sur le plan sécuritaire, le Président Assimi Goïta signe en décembre 2021 un accord avec le groupe de sécurité russe  Wagner dirigé par le russe Evgueni Prigojine.

Pour engager un dialogue direct avec la population malienne, le Président malien organise des ʺAssises Nationales de la Refondationʺ (ANR) du Mali du 27 décembre 2021 au 30 décembre 2021, au Centre International de Conférence de Bamako, à la suite des  concertations locales débutées le 11 décembre 2021 dans 725 communes sur 759, 51 cercles sur 60 et dans toutes les régions sauf les Régions de Kidal et Ménaka.

A l’annonce du résultat des recommandations des ʺAssises Nationales de la Refondationʺ du Mali au nombre de 534 avec 1.600 participants, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se focalise sur la prorogation  de la transition qui fait passer la transition de six mois à cinq ans.

De ce fait, lors du  4ème Sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tient sur la situation politique au Mali, la CEDEAO prend  de sévères sanctions contre le Mali.

Sont présents à cette session de la CEDEAO du 9 janvier 2021 à Accra au Ghana,  les Présidents Patrice TALON  du Bénin ; Roch Marc Christian KABORE  du Burkina Faso ; Alassane OUATTARA  de la Côte d’Ivoire ; Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO  du Ghana ; Umaro Sissoco EMBALO de la Guinée Bissau ; Georges Manneh WEAH  du Libéria ; Mohamed BAZOUM du Niger ; Macky SALL du Sénégal et Julius Maada BIO de la Sierra Leone.

Prennent également part à cette session, ; Le Vice-Présidente de la Gambie, Isatou TOURAY ;  Le Vice-Président du Nigeria, Yemi OSINBAJO ; Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur du Togo, Robert DUSSEY ; L’Ambassadeur du Cap-Vert auprès de la République Fédérale du Nigeria, Belarmino Monteiro SILVA ; L’Ancien Président de la République Fédérale du Nigéria et Médiateur de la CEDEAO au Mali,  Goodluck JONATHAN ; Le Président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi BROU ; Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mahamat Saleh ANNADIF ; Le Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye DIOP ; Le Commissaire chargé des Affaires politiques, de la paix et de la sécurité, représentant le Président de la Commission de l’Union Africaine, Bankole ADEOYE et le Chef de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim WANE.

La Conférence impose donc des sanctions économiques et financières supplémentaires, conformément aux délibérations de sa 60ème session ordinaire tenue le 12 décembre 2021 à Abuja, en République fédérale du Nigeria. Ces sanctions sont :

1°) le rappel pour consultations par les Etats membres de la CEDEAO de leurs Ambassadeurs accrédités auprès de la République du Mali ;

2°) la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ;

3°) la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les pays de la CEDEAO et le Mali, à l’exception des produits alimentaires de grande consommation ; des produits pharmaceutiques ; des matériels et équipements médicaux y compris ceux pour la lutte contre la Covid 19 ; des produits pétroliers et de l’électricité ;

4°) le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales de la CEDEAO ;

5°) le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO;

6°) la suspension de toute assistance et transaction financières en faveur du Mali par les Institutions de financement de la CEDEAO, particulièrement la BIDC et la BOAD.

Les autorités maliennes qui qualifient ces sanctions d’illégales, accusent la CEDEAO de se laisser instrumentaliser par des ʺPuissances extra-régionalesʺ faisant allusion à la France et se radicalise de son côté.

Le Mali  décide à son tour :

1°) de fermer ses frontières aériennes et terrestres avec les pays membres de la CEDEAO,

2°) de rappeler ses ambassadeurs des pays membres de la CEDEAO ;

3°) de « reconsidérer » son adhésion à la CEDEAO et à l’UEMOA.

Ce bras de fer créé un fossé entre le Mali et la CEDEAO et entre le Mali et la France.

Pour contourner les sanctions de la  CEDEAO, le Mali envoie des émissaires à Conakry en Guinée et une autre délégation en Mauritanie  le 17 janvier 2022 pour demander aux Chefs d’Etat de ces deux pays de permettre la circulation des biens et des personnes entre eux.

La Guinée-Conakry dirigée par le Général Mamadi Doumbouya, bien que membre de la CEDEAO accepte la doléance du Président malien Assimi Goïta et décide de ne pas appliquer la fermeture des frontières aériennes et terrestres avec le Mali.

La Mauritanie dirigée par le Président Mohammed Ould Ghazouani, qui n’est pas membre de la CEDEAO continue sa collaboration avec le Mali et Abdoulaye Diop, ministre malien des affaires étrangères et de la Coopération Internationale annonce l’ouverture des frontières entre le Mali et la Guinée et la Mauritanie le 19 janvier 2022.

Entretemps, un incident diplomatique naît entre le Mali et la Côte d’Ivoire le 10 juillet 2022 avec les 49 soldats ivoiriens arrêtés à l’aéroport de Bamako, au Mali avec des armes sur eux.

Qualifiés par les autorités maliennes de ʺMercenaires  venus déstabiliser le Maliʺ, les autorités ivoiriennes, par l’intermédiaire du Colonel Guezoa Mahi Armand, Conseiller aux opérations extérieures du Chef d’État-major général des Armées de la Côte d’Ivoire déclare le 13 juillet 2022 lors d’une Conférence de Presse que les 49 soldats  ivoiriens ont été enregistrés dans les fichiers de la MINUSMA  et ce contingent ivoirien est un détachement du 8ème  contingent d’Éléments de Soutien Nationaux (NSE) ; Une base logistique au profit des personnels ivoiriens déployés au compte de la MINUSMA.

Trois soldates sur les 49 arrêtés, Awa Bakayoko, Sita Bamba et Kangah Bledou sont libérées le 3 septembre 2022 à ʺtitre humanitaireʺ, suivant la déclaration des autorités maliennes.

Les 46 autres soldats emprisonnés au Mali pendant plus de six mois, sont jugés les 29 et 30 décembre 2022, après la médiation du Président du Togo, Faure Gnassingbé.

Condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour ʺAssociation de malfaiteurs, attentat et complot contre le gouvernement, atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat, détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre et de défense intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur et de complicitéʺ, ils sont néanmoins graciés le 6 janvier 2023 et après l’escale de leur avion au Togo, ils atterrissent à Abidjan le 07 janvier 2023 ; Mettant un terme à ce différent.

Par contre, avec la France, la situation se dégrade et le Président français Emmanuel Macron  qui ne veut voir la France ʺcohabiterʺ avec les russes, déclare unilatéralement le 17 février 2022, de retirer les troupes françaises de Barkhane et Takuba du Mali dans un délai de six mois.

Réagissant à la décision prise par le Président français, les autorités maliennes exigent de la France qu’elle retire sans délai ses troupes au lieu de programmer leur départ sur six mois.

Dans sa lutte contre le terrorisme, l’armée malienne entreprend une offensive militaire dans la ville de Moura, région de Mopti, du 27 au 31 mars 2022 et qui se trouve être sous contrôle des terroristes du groupe de la Katiba Macina.

L’Etat-major de l’armée malienne produit un communiqué le 1er avril 2022, et indique que 203 terroristes ont été tués et 53 capturés.

Moura tombe sous le contrôle de l’armée malienne.

Mais des chaînes françaises, l’ONU et Human Rights Watch évoquent un massacre de plus de 500 personnes avec une majorité de Peulhs tués.

Le conflit ethnique est évité de justesse au Mali avec l’évocation de Peulhs par Human Rights Watch.

D’un autre côté, avec la Russie, la coopération se fortifie et la Russie livre  le 1er avril 2022 de grandes quantités d’armes russes au Mali.

Le 15 mai 2022, le Mali se retire du G5 Sahel de 5.000 hommes, créé pour combattre le terrorisme au Sahel et composé du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Tchad et du Niger.

Trois mois après,  le 15 août 2022 la France quitte définitivement le Mali et le ministère des armées de la France l’annonce en ces termes : « Le dernier détachement (français) présent sur le sol malien a franchi la frontière entre le Mali et le Niger».

Le Mali adresse le même jour du départ des militaires français du Mali, le 15 août 2022, une lettre au Conseil de Sécurité de l’ONU pour demander  la tenue d’une réunion d’urgence afin de présenter les éléments de preuve en leur possession et démontrer que l’armée française a agressé en de maintes reprises le Mali par la violation de son espace aérien, la falsification des documents de vol, la transmission d’informations aux terroristes et la fourniture d’armes à ces terroristes.

Lorsque le Mali réceptionne du matériel de la Russie le 9 août 2022 après ceux de mars de 2022, le ministre de la défense du Mali, Sadio Camara dit : « Nous consolidons notre capacité de reconnaissance et d’attaque avec des avions de chasse L39 et Sukhoi 25, qui s’ajoutent au Super Tucano et d’autres appareils déjà en dotation. Ainsi que les hélicoptères d’attaque de type Mi24P, qui s’ajoutent au Mi35 et au Mi24 déjà livrés ».

Le 14 novembre 2022,  les militaires maliens et les troupes russes de Wagner parviennent, après de difficiles combats avec les terroristes très armés,  à libérer la ville de Kidal, sous  contrôle de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) depuis 2013.

Pour préserver son exploit à Kidal, la Turquie remet au Mali en décembre 2022, des drones de surveillance et de combat de dernière génération de type Bayraktar TB2.

Le 24 septembre 2022, à la 77ème  Session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le Premier ministre par intérim du Mali, Chef du Gouvernement du Mali, le Colonel Abdoulaye Maïga qui qualifie la France de ʺJunteʺ lors de son discours, tout comme les Occidentaux qui qualifie le Mali de ʺJunteʺ depuis le second coup d’Etat,  réitère les accusations du Mali contre le France.

De nouveau, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU du 18 octobre 2022, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop accuse la France de porter atteinte à sa souveraineté et  dit : « Il faut qu’une réunion spécifique du Conseil de sécurité soit organisée, afin de nous permettre de présenter les preuves des actes d’espionnage et de déstabilisation menés par la France (…) Le gouvernement malien se réserve le droit de se défendre si la France continue de porter atteinte à la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité nationale de notre pays ».

Le Mali n’obtiendra pas cette réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le 19 janvier 2023, en présence du Président malien Assimi Goïta et d’Igor Gromyko, Ambassadeur russe au Mali, des avions et des hélicoptères de guerre russes sont livrés au Mali tels, des Sukhoï Su-25, Albatros L-39, Mi-8, des hélicoptères polyvalents….Et le 16 mars 2023, le Mali réceptionne quatre avions de chasse L-39 Albatros de type  turque et trois drones de type Bayraktar TB2.

Pendant que le Mali lutte contre le terrorisme et fait face aux différentes sanctions, son voisin direct, le Burkina Faso subit successivement deux coups d’Etat.

Le premier coup d’Etat concerne le Président Roch Marc Christian Kaboré qui, ne parvenant pas à circonscrire l’avancée des terroristes au Burkina Faso, est renversé le 24 janvier 2022 par un groupe de militaires dirigé par un Officier supérieur d’infanterie Burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba et d’autres militaires dont Ibrahim Traoré dit IB

Paul-Henri Sandaogo Damiba prend  la tête du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR).

Le 28 janvier 2022, à partir d’un Sommet virtuel de la CEDEAO, sous la présidence de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, Président de la République du Ghana et Président en exercice de la Conférence, le Burkina Faso est  suspendu  de toutes les Institutions de la CEDEAO.

Le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba prend sur lui d’inviter le 7 juillet 2022 l’ancien Président du Burkina Faso exilé en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré bien que chassé par la rue en 2014 et condamné à perpétuité par contumace le 6 avril 2022 au Burkina Faso pour l’assassinat de l’ex-Président burkinabè Thomas Sankara le 15 octobre 1987.

L’ex-Président  Blaise Compaoré retourne dans son pays d’exil, la Côte d’Ivoire sans être inquiété.

Bien qu’ayant, selon lui, poser cet acte pour la réconciliation entre les fils et filles du Burkina Faso, la burkinabés  trouvent que le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba a commis une faute parce que l’ex-Président Blaise Compaoré a défié les autorités judiciaires du Burkina Faso, qu’il y a eu un déni de Justice et elle évoque le fait que la figure du leader Thomas Sankara a été souillée avec l’arrivée de l’ex-Président au Burkina sans incarcération.

Surtout que la population ne voyait pas déjà d’un bon œil, les nominations des proches de l’ex-Président Blaise Compaoré à des postes importants sous le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba.

De plus, lorsqu’un membre de l’une des organisations civiles, ʺLe Balai citoyenʺ qui a permis la chute de l’ex-Président Blaise Compaoré nommé Ollo Mathias Kambou  alias Kamao est arrêté le 5 septembre 2022 pour outrage au Président Paul-Henri Sandaogo Damiba pour ses critiques sur les réseaux sociaux qualifiant le bilan du Président d’échec total et condamné le 23 septembre 2022 à six mois de prison dont trois mois ferme, les organisations civiles produisent un communiqué dans lequel, ils indiquent ʺUne volonté de musellement des voix discordantes à celles du MPSRʺ.

Le 27 septembre 2022, un convoi en direction de Djibo pour ravitailler cette ville du Burkina Faso est attaqué par les terroristes et fait onze militaires tués sur le coup, vingt-huit blessés, une cinquantaine de civils disparus avec une centaine de civils blessés et les militaires concluent que le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba s’embourgeoise, consomme désormais du champagne et a remplacé sa tenue militaire par la veste alors qu’eux, meurent sans armes, ni munitions sur les champs de bataille avec les terroristes.

Ils constatent aussi que la situation sécuritaire se dégrade de plus en plus et les terroristes maintiennent leurs positions.

Exaspérés, des burkinabés sortent en grand nombre dans les rues de la Capitale du Burkina Faso, Ouagadougou le 30 septembre 2022 pour exiger le départ du Président Paul-Henri Sandaogo Damiba et certains portent des  drapeaux russes quand d’autres présentent ces slogans : « Non à l’ingérence de la CEDEAO« , « France dégage« , « Ensemble disons non à la France « , « Vive la coopération Russie-Burkina« ….

Des tirs sont entendus par la suite dans les environs de la Présidence à Ouagadougou ce 30 septembre 2022 et après des tractations avec le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba, un jeune militaire de 34 ans, le Capitaine Ibrahim Traoré dit IB est porté au pouvoir, devenant le plus jeune Chef d’Etat au monde.

Né le 14 mars 1988 à Kéra au Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré est détenteur d’une maîtrise en Chimie-Biochimie-Biologie-Géologie de l’Université de Ouagadougou appelée aujourd’hui appelée Université Joseph KI-ZERBO.

Lorsqu’il opte pour l’armée, il présente le concours d’entrée à l’Académie Militaire Georges Namoano (AMGN) de Pô et avec le grade de Sous-Lieutenant, il en sort Vice-major de sa promotion.

Promu Lieutenant en 2014, il obtient le grade de Capitaine  en 2020 après avoir participé à des opérations militaires dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-nord et de l’Est.

Dès sa prise de fonction, le  Capitaine Président Ibrahim Traoré constate  que les militaires manquent d’équipements militaires et il décide de s’en procurer.

Pour sécuriser son pays et combattre les terroristes sur tout le territoire national, il  fait appel aux enfants de son pays ; Des personnes appelées VDP ou Volontaires pour la Défense de la Patrie nés sous la houlette du Président Roch Marc Christian Kaboré en 2019.

Ainsi,  une campagne est lancée en octobre 2022 et permet le recrutement de 50.000 jeunes burkinabés puis 90.000 en novembre 2022 pour épauler l’armée burkinabè à travers la  surveillance, l’information et la protection du territoire suivant les localisations et être des guides et pisteurs.

Les VDP bénéficient d’une prime mensuelle qui passe de 60.000 Francs CFA à 80.000 Francs CFA par VDP.

Le 2 novembre 2022, le Président burkinabè Ibrahim Traoré  se rend à Bamako au Mali pour son premier déplacement officiel hors du Burkina Faso.  Il est accueilli par le Président du Mali, le Colonel Assimi Goïta à sa descente d’avion et a droit aux honneurs militaires.

Visite d’amitié et de travail, les deux Présidents parlent de coopération sécuritaire et le Président du Mali, Assimi Goïta déclare à la fin de l’entrevue que la rencontre a eu lieu :  « dans l’optique d’améliorer la sécurité…».

La Présidence du Burkina Faso indique quant à elle, à la suite de cette visite que le chef d’État burkinabè : « entend insister sur le renforcement de la coopération bilatérale et la mutualisation des moyens de combat».

Un mois après cette rencontre, des rumeurs se propagent sur la présence du groupe de sécurité russe Wagner au Burkina Faso et lorsque le Président  ghanéen Nana Akufo-Addo affirme le 14 décembre 2022 que le Burkina Faso: « a conclu un arrangement pour, comme le Mali, employer des forces de Wagner (…)  Les mercenaires russes sont à la frontière nord » (du Ghana) (…) ce qui est  particulièrement inquiétant», le Porte-parole du gouvernement burkinabé, Jean-Emmanuel Ouédraogo,    réplique : « Nous n’avons aucune réaction. Je lui laisse la responsabilité de ce qu’il a dit ».

Tout comme le Mali, la situation se dégrade entre le Burkina Faso et la France et le 21 janvier 2023, les autorités du Burkina Faso demandent à la France de quitter le Burkina avec son  contingent de 400 commandos des Forces spéciales de l’opération Sabre qui se trouve depuis 2008 dans le camp Kamboisin dans le délai de trente jours.

Le 9 février 2023, lorsque le Mali, le Burkina Faso et la Guinée-Conakry demandent à la CEDEAO de lever les sanctions contre eux,  ils se voient apposer le 18 février 2023, en marge du Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, le refus de la CEDA0 de lever les sanctions.

Quinze années après une présence continue au Burkina Faso, les opérations de la force française Sabre prennent définitivement fin le 22 février 2022.

Le 20 juillet 2023, le ministère de l’Économie du Burkina Faso indique que son pays a pu mobiliser 30 milliards de Francs CFA sans endettement mais par les taxes sur les transactions foncières, les boissons alcoolisées, les produits cosmétiques, les cigarettes et les Télécommunications.

En juillet 2023, le Président burkinabè qui a fait de la sécurisation de son pays sa priorité présente les nouveaux équipements militaires du Burkina Faso et dit : « Il y a des endroits où on veut payer et on refuse de nous vendre, donc qui va nous financer ? C’est le peuple qui fait sa guerre. Tout ce que vous voyez, c’est pour la population, ce sont eux qui ont contribué (…) C’est concret, ça va des armes légères d’infanterie jusqu’aux mitrailleuses anti-aériennes et des munitions…. Et beaucoup d’autres choses (…) (Nous avons) le drone le plus performant au monde (…) »

Sur le plan international, le Burkina obtient un grand soutien, celui du Président russe, Vladmir Poutine.

En effet, lors du Sommet Russie-Afrique tenu, à Saint-Pétersbourg en Russie les  27 et 28 juillet 2023, le Président russe montre son admiration pour le jeune Président Burkinabè Ibrahim Traoré et, le 29 juillet 2023, accompagné de sa délégation, le Capitaine Ibrahim Traoré tient une séance de travail avec le Président russe Vladimir Poutine.

Au cours des travaux, le Président Vladimir Poutine décide de la réouverture de l’ambassade de Russie au Burkina Faso restée fermée depuis 1992 et déclare : « Nous accorderons une importance particulière au développement des relations avec le Burkina Faso (…)  Nous sommes prêts à travailler ensemble pour développer les coopérations économique et commerciale entre nos deux pays ».

Le 6 août 2023, le russe Nikolaï Spassky, Directeur général de la Société nationale russe pour l’énergie atomique (Rosatom), un géant russe du nucléaire effectue une visite de quatre jours au Burkina Faso pour travailler sur le projet de construction d’une centrale nucléaire au Burkina Faso et le 13 octobre 2023, le gouvernement burkinabè annonce, la signature d’un accord avec la Russie pour construire la centrale nucléaire au Burkina Faso d’ici 2030, et le Burkina Faso deviendra le deuxième pays africain à posséder une centrale nucléaire après l’Afrique du Sud.

Au Niger voisin, un coup d’état est opéré le 26 juillet 2023.

Bien avant ce changement de régime, le Président élu le 2 avril 2021 est Mohamed Bazoum, confronté au terroriste et face aux attaques meurtrières des terroristes, il dit dans une interview du 23 mai 2023  que : « (…) Ces terroristes sont plus forts que nos armées, plus aguerris », les militaires n’apprécient pas cette déclaration du Chef suprême de l’armée.

De plus, le 25 février 2022, le Président  Mohamed Bazoum  relâche des terroristes dont des dangereux criminels de Boko haram en déclarant : « J’ai identifié neuf chefs terroristes. On m’a conseillé de libérer des prisonniers que j’ai directement reçus (après leur libération) au palais de la présidence parce que je cherche la paix» ; Acte mal perçu par la population du Niger.

Considéré comme un allié des Occidentaux, le Président du Niger Mohamed Bazoum accepte de recevoir sur son sol les militaires français chassés du Mali et du Burkina Faso et il réaffirme son soutien à la France en ces termes  : « Il est vrai que la politique française en Afrique n’est pas vraiment une réussite en ce moment. Mais est-ce la faute de la France ? Je ne crois pas. La France est une cible facile pour le discours populiste de certains, en particulier sur les réseaux sociaux, chez les jeunes Africains ».

Dans l’exercice de ses fonctions, le Président Mohamed Bazoum remplace le Chef d’Etat-major des armées et le Chef de la gendarmerie nationale.

C’est sur le point de changer le Chef de la Garde présidentielle, le Général Abdourahamane TIANI que, le 26 juillet 2023, le Président Mohamed Bazoum est séquestré avec sa famille par cette garde rapprochée dont le Général Abdourahamane TIANI, .

Le 26 juillet 2023 donc, le coup d’Etat est effectif au Niger avec la chute du Président Mohamed Bazoum et l’arrivée à la magistrature suprême du pays du Général Abdourahamane TIANI.

Le Général Abdourahamane TIANI est né en en 1964 à Filingué au Niger où il obtient le Baccalauréat série D.

Diplômé de l’École d’application de l’infanterie de Thiès du Sénégal, après avoir intégré l’armée en 1984, il occupe, sous la gouvernance des ex-Présidents du Niger, Mahamadou Issoufou et Mohamed Bazoum, soit de 2011 à 2023, le poste d’Aide de camp.

Le Général Abdourahamane TIANI devient le premier responsable du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) le 20 juillet 2023 et nomme comme Premier ministre, Ali Lamine Zeine, ancien ministre des Finances sous l’ex-Président Mamadou Tandja.

Au 51ème Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur la situation politique au Niger tenu le 30 juillet 2023 à Abuja au Nigéria, des sanctions sont prises contre le Niger.

Sont présents à ce Sommet du 30 juillet 2023, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane OUATTARA; Le Président de la République du Bénin, Patrice TALON ; Le Président de la République de Gambie, Adama BARROW ; Le Président de la République du Ghana, Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO ; Le Président de la République de Guinée Bissau, Umaro Sissoco EMBALO ; Le Président de la République fédérale du Nigeria, Bola Ahmed TINUBU ; Le Président de la République du Sénégal, Macky SALL et le Président de la République Togolaise, Faure Essozimna GNASSINGBE.

Assistent également à ce Sommet, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration Régionale de la République du Cap-Vert, Rui Alberto DE FIGUEIREDO SOARES ; Le Ministre des Affaires étrangères de la République du Liberia, l’Ambassadeur Dee-Maxwell SOAH KEMAYAH ;  Le Haut-Commissaire de la Sierra Leone auprès de la République Fédérale du Nigeria et de la CEDEAO, République de Sierra, Rupert DAVIES, Leone ; Le Représentant du Président Mohamed Bazoum de la République du Niger ; Le Président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu TOURAY ; Le Président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki MAHAMAT; Le Représentant Spécial du Secrétaire Général, Leonardo Santos SIMÃO, des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) ; Le Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye DIOP.

Les décisions prises, avec effet immédiat sont :

1°) la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Niger ;

2°) l’établissement d’une zone d’exclusion de la CEDEAO pour tous les vols commerciaux à destination ou en provenance du Niger ;

3°) la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les Etats membres de la CEDEAO et le Niger;

4°) le gel de toutes les transactions de service, y compris les services publics ;

5°) le gel des avoirs de la République du Niger dans les banques centrales de la CEDEAO ;

6°) le gel des avoirs de l’Etat du Niger, ainsi que des entreprises publiques et parapubliques logés dans les banques commerciales ;

7°) la suspension du Niger de toutes formes d’assistance financière et de transactions avec toutes les institutions financières, notamment la BIDC et la BOAD;

8°) l’interdiction de voyage et gel des avoirs des officiers militaires impliqués dans la tentative de coup d’Etat. Cette mesure s’applique également aux membres de leurs familles et aux civils acceptant de figurer dans toute institution ou tout gouvernement à mettre en place par ces officiers militaires

Le Mali et le Burkina Faso réagissent immédiatement, le 30 juillet 2023 au communiqué de CEDEAO : « Toute intervention militaire contre le Niger serait considérée comme une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali (…) Toute intervention militaire contre le Niger entraînerait un retrait du Burkina Faso et du Mali de la CEDEAO ainsi que l’adoption de mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple du Niger (…)  (ils) refusent d’appliquer  les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines contre le peuple et les autorités nigériennes ».

A l’issue de ce Sommet du 30 juillet 2023,  le Président ivoirien Alassane Ouattara déclare le lendemain 1er août 2023 : « Les chefs d’état-major auront d’autres conférences pour finaliser les détails, mais ils ont reçu le feu vert de la conférence des chefs d’État pour entamer l’opération dans les plus brefs délais (…) Les putschistes peuvent décider de partir dès demain matin et il n’y aura pas d’intervention militaire, tout dépend d’eux. (…)  Nous sommes déterminés à réinstaller le président Bazoum dans ses fonctions (…) Je viens de donner instruction au chef d’état-major des armées de commencer la mobilisation de ses troupes». et ajoute que la Côte d’Ivoire donnera un bataillon composé de 850 à 1 100 hommes aux côtés du Benin et au Nigéria et que d’autres Etats les rejoindront.

Après la déclarations du Président ivoirien Alassane Ouattara, le Niger rappelle, le 14 août 2023, son ambassadeur basé en Côte d’Ivoire  pour consultations dans un communiqué lu à la télévision du Niger par le Colonel-major Amadou Abdramane : « (…) Loin d’être l’expression de la volonté du peuple ivoirien frère, dont l’amitié avec le peuple nigérien est sans équivoque, cette déclaration inhabituelle du Président Ouattara et son empressement à vouloir réaliser cette agression en tous points illégale et insensée, contre le Niger, reflète en réalité une injonction adressée à lui et à certains de ses pairs de la CEDEAO par d’autres puissances extérieures, dans le but de préserver des intérêts qui ne correspondent plus à ceux du Niger d’aujourd’hui ».

Un autre Sommet extraordinaire se tient le 10 août 2023 à Abuja au Nigéria et valide  l’intervention militaire au Niger avec le point 10. k du communiqué final qui stipule : « Ordonne le déploiement de la Force en attente de la CEDEAO pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel en République du Niger ».

Sont présents à ce Sommet extraordinaire du 10 août 2023, le Président de la République du Bénin, Patrice TALON ; Le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane OUATTARA ; Le Président de la République du Ghana, Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO ; Le Président de la République de Guinée Bissau, Umaro Sissoco EMBALO; Le Président de la République fédérale du Nigeria, Bola Ahmed TINUBU; Le Président de la République du Sénégal, Macky SALL ; Le Président de la République de Sierra Leone, Julius Maada BIO ; Le Président de la République Togolaise, Faure Essozimna GNASSINGBE.

Participent également à ce Sommet, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Gambiens de l’extérieur, de la République de Gambie, Mamadou TANGARA ; Le Ministre des Affaires étrangères de la République du Liberia, Amb. Dee-Maxwell SAAH KEMAYAH ; Le Ministre des Affaires étrangères de la République du Niger, représentant le Président Mohamed Bazoum, Hassoumi MASSAOUDOU ; L’Ambassadeur de la République de Cap-Vert auprès de la République fédérale du Nigeria et de la CEDEAO, République de Cap-Vert, Belarmino M. SILVA ; Le Président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye ; Le Président de la République Islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani ; Le Président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu TOURAY ; Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Chef de l’UNOWAS, Leonardo Santos SIMÃO et le Commissaire à la Paix et à la Sécurité, représentant le Président de la Commission de l’Union Africaine, Amb. Adeoye BANKOLE.

Le 11 août 2023 à Addis Ababa, Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine apporte son soutien aux décisions de la CEDEAO du 10 août 2023.

Le 9 septembre 2023, les autorités du Niger lisent un communiqué à la télévision pour dénoncer les préparatifs d’une attaque contre le Niger : « Le 1er septembre 2023, deux aéronefs de transport militaire type A400M et un Dornier 328 ont été déployés en renfort en Côte d’Ivoire  (…) deux hélicoptères multirôles type Super Puma (…)  une quarantaine de véhicules blindés (ont été transférés) à Kandi et Malanville, au Bénin (…). Le 7 septembre 2023, un navire militaire français a accosté à Cotonou (au Bénin) avec à son bord du personnel et des moyens militaires (…) des centaines de rotations d’avions militaires cargo ont permis de débarquer d’importantes quantités de matériel et d’équipements de guerre au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Bénin (…)»

L’intervention militaire n’est pas mise en œuvre mais une semaine après, c’est la naissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), le 16 septembre 2023.

Le Mali avec le Président Assimi Goïta, le Burkina Faso avec le Président Ibrahim Traoré et le Président Abdourahamane Tiani du Niger signent la Charte du Liptako-Gourma qui créent l’Alliance des États du Sahel (AES).

A la suite de la création de  l’Alliance des États du Sahel (AES), le 28 janvier 2024 le Mali, le Burkina Faso et le Niger décident, par des communiqués séparés, de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et ils réaffirment leur position le 13 décembre 2024.

Le 6 juillet 2024, l’Alliance des États du Sahel (AES) se transforme en Confédération des Etats de l’AES fondée sur les principes du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats; de la non-agression entre les Etats confédérés; de l’interdiction de toute mesure coercitive; de la solidarité entre les Etats confédérés; de la sauvegarde et de la défense des intérêts des populations.

Ainsi, chacun des Etats confédérés conserve son indépendance et sa souveraineté à l’exception des compétences déléguées à la Confédération dans les domaines de la défense et la sécurité, la diplomatie et du développement.

La sortie officielle de l’AES de la CEDEAO devient effective le 29 janvier 2025.

Pour beaucoup, la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) est née des sanctions sévères infligées par la CEDEAO au Mali le 9 janvier 2021, au Niger le 30 juillet 2023, au refus de la CEDEAO de lever les sanctions au moment où ces Etats en avaient besoin et la validation de l’intervention militaire de la CEDEAO au Niger le 10 août 2023.