AFRIQUE : LE PRESIDENT GBAGBO LAURENT S’EXPRIME SANS FAUX-FUYANT

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Interviewé par l’ex-journaliste de Radio France Internationale (RFI), M. Alain Foka, sur sa chaîne web « Afo Média », dans son émission « Moment de vérité sur Afo Média » et diffusé le mercredi 16 octobre 2024, le Président Laurent Gbagbo n’a esquivé des questions sur les affaires ivoiriennes, africaines et internationales

Avant d’aborder les sujets politiques, à la question de savoir pourquoi il n’abandonne pas la politique avec ses quatre-vingt (80) ans pour laisser la place aux les plus jeunes, il répond : « Il faut voir si la raison des batailles ont disparu : La liberté pour les hommes ; Les indépendances pour les Etats africains ; L’égalité entre les noirs africains et les autres hommes de la terre. Tout ça n’a pas disparu donc il faut se battre.(…) Moi je vais me battre jusqu’à la fin de ma vie (…) Les combats des N’krumah ; Lumumba, ce n’est pas achevé (…) »

Pour sa condamnation de vingt (20) ans par les juridictions ivoiriennes, il déclare que tout cela fait partie de la bataille et qu’il ne reculera devant rien qui tentera de le contraindre. Pour le Président Laurent Gbagbo, dès qu’ils ont su qu’il était entrain d’être acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), ils ont monté quelque chose en Côte d’Ivoire parce qu’ils croyaient qu’en l’envoyant à la CPI, c’était Ad vitam æternam c’est-à-dire pour toujours.

Sur le point de la probable candidature du Président actuel de la Côte d’Ivoire, Monsieur Alassane Ouattara, aux élections présidentielles de 2025, le Président Laurent Gbagbo dit : « (…) C’est pas la durée d’un homme sur la scène politique qui est un problème mais c’est le respect de la loi. Ce que Alassane fait et qui est condamnable, ce n’est pas qu’il soit candidat mais qu’il soit candidat pour un 4ème mandat alors que la Constitution dit de façon claire et nette qu’aucun individu ne peut être Président pour plus de deux mandats.(…) Laissez Alassane et voyez ce qui est une faute et la faute c’est que déjà nous sommes dans son troisième mandat, ce qui est une faute et non seulement il fait une faute mais il veut amplifier la faute en allant faire un 4eme mandat ce qui est une horreur. (…) Et surtout que cette Constitution c’est lui qui l’a écrite. Je suis contre le fait qu’on piétine la loi. (…) »

Reçu par la chaîne française « France 24 » le 26 septembre 2024, l’ex-Conseiller de M. Nicolas Sarkozy, ancien Président français, M. Robert Bourgi a affirmé que le Président Laurent Gbagbo avait gagné les élections présidentielles de 2010 que et que le Président Laurent Gbagbo avait donné de l’argent à un Président français dès son accession à la magistrature suprême ivoirienne en 2000.

Face à ces déclarations, le Président Laurent Gbagbo confirme les dires de M. Robert Bourgi.

Le Président Laurent Gbagbo soutient qu’il savait qu’il avait gagné l’élection présidentielle de 2010 et a précisé qu’il avait donné deux milliards de Francs CFA à l’ex-Président français Jacques Chirac parce que ce dernier le lui avait demandé, à son grand étonnement.

Par contre, le Président Laurent Gbagbo est stupéfait que des personnes soient surprises d’apprendre cette information maintenant puisqu’il a évoqué cette remise d’argent au Président français Jacques Chirac en 2014 alors qu’il était encore prisonnier à la CPI, à la page 44 de son ouvrage « Pour la vérité et la Justice » qu’il a écrit conjointement avec M. François Mattei.

Evoquant la crise post-électorale de 2010, le Président Laurent Gbagbo mentionne qu’il a passé environ huit (08) ou neuf (09) mois à la prison de Korhogo en Côte d’Ivoire, sept (07) ans à la prison de la CPI de la Haye, aux Pays-Bas et deux (02) ans en Belgique après son acquittement.

Par la suite, il se lâche et dit : « Si on veut chercher l’auteur ou les auteurs des massacres qui ont lieu en Côte d’Ivoire, nous ne sommes pas encore au courant des résultats des investigations. (…) Ils n’ont pas encore jugé ceux qu’ils soupçonnent. (…) Tout ce cirque qui a duré des années et qui a coûté des milliards, n’a été fait que pour moi ? C’est un grand honneur mais c’est une grande injustice. (…) J’attends encore qu’on nous dise quels sont les assassins quels sont les voleurs de la crise post-électorale. (…) »

En ce qui concerne les questions africaines, l’Alliance des Etats du Sahel (AES) composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger est posée sur la table et le Président Laurent Gbagbo déclare jeter un bon regard sur l’AES et que sa création est justifiée. Il fustige la CEDEAO qui ne s’attaque pas aux problèmes qui se posent aux Etats de l’Afrique de l’ouest et ajoute que lorsque dans une communauté, les membres ne sont pas capables de se mettre ensemble pour chercher des solutions aux problèmes qui se posent, il ne faut pas s’étonner que les gens quittent cette communauté.

Ainsi, le Président Laurent Gbagbo ajoute que « La CEDEAO est devenue un instrument de propagande de la France » et que s’il est élu Président de la République de Côte d’Ivoire en 2025, il rétablira les relations avec l’AES.

Pour le problème de la monnaie, il  déclare : « Il est temps qu’aujourd’hui, depuis 1960, que l’Afrique règle son problème monétaire (…). »

Sur le plan international, particulièrement la guerre ukrainienne, le Président Laurent Gbagbo déplore une injustice, puisqu’en 1962, les américains avaient menacé de déclencher la 3ème guerre mondiale si l’URSS, aujourd’hui appelée Russie, ne retire pas les missiles remis à Cuba, un Etat situé non loin de l’Amérique du nord et qui était en froid avec les américains.

La paix est revenue après le retrait de ces missiles par l’URSS.

Le Président Laurent Gbagbo ne comprend donc pas pourquoi présentement, les américains oublient ce ban de l’histoire et veulent étendre le pouvoir de l’OTAN jusqu’en Ukraine, à quelques kilomètres de Moscou, en Russie. Le Président Gbagbo Laurent trouve que : « Moscou réagit aujourd’hui comme Washington a réagi hier ; En 1962. »

Pour le conflit israélo-palestinien qui a cours actuellement, le Président Laurent Gbagbo ne met pas en cause Israël. Il accuse l’Organisation des Nations Unies (ONU) d’être à l’origine de ce conflit et le justifie ainsi : « (…) A la fin de la guerre, l’ONU a pris acte du massacre des juifs par les allemands, ils ont créé l’Etat d’Israël et ont bien fait mais il aurait mieux fait de créer aussi l’Etat de la Palestine, les deux Etats. Plus on tarde, plus ce sera difficile pour sa mise en œuvre car depuis Menahem Begin, Israël grignote ; Colonise les territoires palestiniens pour leur laisser la portion la plus congrue mais on voit ça, ça se voit ; ça se sait ; ça se sent (…) Ensuite il faut engager les discussions pour délimiter le territoire palestinien (…) On ne peut pas condamner un peuple à l’errance. C’est ce qu’on a fait en 135 en condamnant des juifs à l’errance et c’est ce qui a amené les drames que les juifs ont subi au fil des siècles jusqu’au 20ème siècle arrivé au summum avec l’Allemagne hitlérienne, il faut éviter cela.»

En revenant sur le sujet ivoirien, lorsque le journaliste Alain Foka demande au Président Laurent Gbagbo comment il fera pour être candidat à l’élection présidentielle de 2025 et comment il arrivera à réunir l’opposition pour aller de façon coordonnées à ces élections, il répond : « Pour le moment, j’ai appelé toute l’opposition à la vigilance et à régler les problèmes qu’il faut régler : J’ai parlé de la crédibilité de la CEI ; J’ai parlé des listes électorales qui sont plus qu’imparfaites ; J’ai parlé de quelques noms qui sont savamment absentes des listes électorales dont le mien ; J’ai parlé des découpages électoraux qui ne portent pas les critères scientifiques, etc… Maintenant, ceux qui se sentent une affinité particulière peuvent se réunir pour dégager un candidat mais tel que je connais les ivoiriens, ils font tous vouloir aller aux élections (…) J’irai ; J’y irai (aux élections présidentielles de 2025). Ils n’ont pas d’argument, ils n’ont pas de raison (de l’exclure). Ils vont sortir un moment donné de leur tremblote (…) »

Nativité N’GUESSAN (2N)