AGOSTHINO NETO DE L’ANGOLA

Agostinho Neto est né le 17 septembre 1922 à KaxiKane dans la région d’Icolo e Bengo à environ 60 Km de la capitale Luanda, d’un père pasteur méthodiste et d’une mère institutrice.

Elevé dans cet univers religieux, Agostinho Neto a toujours la Bible pour boussole et, favorisé par Dieu puisque son père fait partie de la classe des assimilés, Agostinho Neto effectue de bonnes études à la capitale et après l’obtention de son Baccalauréat au Lycée de Luanda, il exerce quelques années la profession d’infirmier dans des hôpitaux de Luanda.

En 1947, avec une bourse, des Missions protestantes, Agostinho Neto s’inscrit à la Faculté de médecine de Coïmbra, la ville universitaire la plus ancienne du Portugal située au centre du pays.

Agostinho Neto, étudiant très brillant, fréquente, à ses heures libres, d’autres étudiants particulièrement ceux qui proviennent des Etats sous tutelle du Portugal, l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, l’état de l’Inde, Macau, le Mozambique, São Tomé et Principe et le Timor-Oriental,

Au cours des échanges, Agostinho Neto dit « Kilamba », son nom traditionnel, pousse ses camarades à promouvoir la culture africains et dit : « Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre de mon ami Viriato da Cruz – peut-être avez-vous entendu parler de lui. C’est l’un de nos poètes. Il m’informe qu’ils ont organisé un centre culturel [à Luanda] et l’ont baptisé « Découvrons l’Angola » (…) Nous allons mener des études sur l’histoire et l’art populaire africains, écrire des récits et des poèmes, et utiliser les bénéfices de la vente des publications pour aider des écrivains talentueux dans le besoin. Je pense que nous pourrions faire la même chose à Lisbonne. Il y a ici, beaucoup de gens qui peuvent écrire des poèmes et des nouvelles, pas seulement sur la vie des étudiants, mais aussi sur nos pays d’origine – l’Angola, le Mozambique, les îles du Cap-Vert et Sao Tomé… »

Agostinho Neto qui écrivait déjà des poèmes, poursuit la construction des pièces en vers et exalte la culture africaine et particulièrement celle de l’Angola.

En 1945, il écrit un poème intitulé Espérances sacrées traduit du portugais au français par Michel Massa. Un extrait de ce poème : « Aux héros du peuple angolais – A mon retour au pays natal – les casuarinas avaient disparu de la ville – Toi aussi – mon ami Liceu – voix consolatrice des rythmes entraînants du pays – dans la nuit des samedis infaillibles Toi aussi – harmonie sacrée ancestrale – ressuscitée dans les arômes sacrés du Ngola Ritmos – Toi aussi tu avais disparu – avec toi – les intellectuels…»(L’intégralité du poème en fin de page).

En 1948, des intellectuels angolais éditent une revue littéraire, « leMensagem » et expriment la renaissance culturelle dans les colonies mais les autorités portugaises interdisent la distribution de la revue.

Avec Francisco José Tenreiro de São Tomé-et-Principe, Amilcar Cabral de la Guinée Bissau, Eduardo Mondlane et Marcelion dos Santos de la Mozambique, ils fondent, en 1951, le Centre d’Etudes Africaines afin de faire la promotion des peuples noirs colonisés, favoriser la création littéraire et éveiller la conscience nationale.

Deux ans après l’ouverture du Centre d’Etudes Africaines, les autorités portugaises procèdent à sa fermeture mais l’œuvre a germé en Angola avec le journal de culture, le« Nouveau Mensagem » et continue de se propager avec la Maison des étudiants de l’Empire de Lisbonne au Portugal.

La Maison des étudiants de l’Empire est une association qui a vu le jour en 1943, grâce aux ressortissants des colonies du Portugal envoyés au pays du colonisateur pour faire de hautes études.

Le Président-dictateur portugais António de Oliveira Salazar ferme la Maison des étudiants de l’Empire de 1952 à 1957 et interdit l’utilisation du mot « Africain » pour désigner les provinces portugaises d’outre-mer.

Ces écrivains lusophones sont contraints de dire à la place du mot « Africain », le groupe de mots « Diffusion des valeurs culturelles d’outre-mer ».

Le concept de « Négritude » de Léopold Sédar Senghor, paru en 1947 aide énormément ces écrivains lusophones qui utilisent désormais, la « Négritude », une notion sensiblement similaire au mot « Africain ».

De l’histoire, l’art africain, les récits, les poèmes et la littérature, les étudiants issus des colonies portugaises passent rapidement à des échanges sur des thèmes politiques et choisissent l’idéologie de gauche, particulièrement le communisme comme la clé de la résolution des problèmes du peuple africain.

Lorsque les Etats-Unis d’Amérique ont utilisé des bombes nucléaires pour bombarder en 1945 les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, le désastre était tel qu’un mouvement d’impulsion communiste, le « Mouvement mondial des partisans de la paix » est né le 19 mars 1950 à Stockholm en Suède pour réclamer la paix dans le monde.

Ce mouvement est inspiré par l’explosion le 29 août 1949, de la première bombe atomique expérimentale de l’Union soviétique.

Le Mouvement mondial des partisans de la paix dans ses actions, lance contre l’armement nucléaire, une pétition baptisée « l’appel de Stockholm ».

En 1951, Agostinho Neto participe à l’action pour recueillir des signatures pour le compte du Mouvement mondial des partisans de la paix mais, il est arrêté en 1955 par la Police Internationale de Défensede l’Etat (PIDE), Police politique du Portugal connue pour ses interventions brutales.

La pétition de grands littéraires et peintre comme le poète français Louis Aragon, l’écrivain et philosophe français Jean-Paul Sartre, le poète mexicain Nicolas Guillen, l’écrivain français François Mauriac, la romancière française Simone de Beauvoir et le peintre mexicain Diego Rivera suivie de la pression internationale provoquent la libération d’Agostinho Neto en février 1957.

A sa sortie de prison, Agostinho Neto se rapproche du Parti communiste Portugais et fonde, dans la clandestinité, avec Viriato da Cruz et Mario de Andrade, le 10 février 1956,le Mouvement populaire de Libération de l’Angola (MPLA).

Pourtant, dans une interview de 1982 que Mario de Andrade accorde à la sociologue française Christine Messiant, spécialisée dans la politique angolaise, il situe la date réelle de création du MPLA : « Il faut bien voir qu’à l’époque, on n’écrivait pas l’histoire, on faisait une lutte  politique, c’est dans ce cadre qu’il faut replacer ce qu’on a dit. On n’a jamais vraiment menti, mais on n’a pas dit la vérité. Mais il fallait voir les problèmes que nous connaissions à l’époque face à l’UPA. Dire que le MPLA existait, qu’il y avait une organisation sérieuse en Angola, était pour le MPLA une question de vie ou de mort. Et j’ai contribué, c’est vrai, à le faire croire (…) De plus, on ne peut jamais vraiment dater la fondation d’un mouvement de ce type. Ça se passe toujours plus ou moins en réunions de cafés. Enfin, ce qui est important, c’est qu’en décembre 1956 il existait bien un manifeste, et aussi un Parti qui devait être à l’initiative d’un front nationaliste : le Parti communiste Angolais. Dès 1956 un tel projet existait, c’est avec cela que Viriato da Cruz arrive en Europe, et dans le but de le réaliser. Mais le PCA n’avait pas réussi à s’implanter ; il avait un statut et un programme, programme quasi directement recopié de celui du Parti communiste Brésilien – c’est une des raisons d’ailleurs pour lesquelles je refuse d’y adhérer. Le PCA, c’était Viriato, Ilidio Machado…(…) Il y avait aussi des Européens, [mais ce n’est pas l’important]. Et le Parti communiste Portugais a refusé de reconnaître le PCA. Quand Viriato vient en Europe avec son manifeste, il y a entre nous des discussions, le texte est remanié, mais avec ces discussions Viriato prend conscience que ni la réalisation du PCA ni celle du MPLA ne sont possibles dans la situation, et le projet du MPLA est en quelque sorte congelé. Il sera repris seulement en 1960 à Tunis même, et seulement en ce qui concerne le MPLA. Ce sera effectivement bien tard. Et l’impulsion viendra de l’extérieur. (C’était trop tard d’envoyer Neto en Angola en 1959 pour structurer le mouvement, étant donné qu’il était repéré. Il a d’ailleurs été arrêté en fait presque tout de suite. Il n’a rien pu faire. Et c’était presque joué d’avance. Ça a peut-être été une erreur.) Mais il nous fallait dire que le MPLA existait déjà, et à l’intérieur de l’Angola, face à l’UPA. Il fallait se légitimer… »

En 1958, Agostinho Neto achève ses études en médecine et épouse en 1959 la portugaise Maria Eugénia da Silva âgée de 16 ans.

Les indépendantistes des colonies portugaises dont Agostinho Neto créent, le Mouvement Anti-colonial Clandestin (MAC).

Le 30 décembre 1959, le couple Neto rentre définitivement en Angola et Agostinho Neto, avec son diplôme en médecine ouvre un cabinet médical fréquenté par de nombreuses personnes.

Le 8 juin 1960, ses oppositions fréquentes aux décisions des autorités coloniales et son militantisme en faveur de la libération de son pays, entraîne son arrestation en plein exercice de sa profession dans son cabinet médical.

Lorsque ses patients tentent d’empêcher son arrestation, la PIDE ouvre le feu et il est dénombré des morts et des blessés.

Les habitants de Kaxicane, village natal d’Agostinho Neto se soulèvent mais la PIDE les réprime sévèrement et tue une trentaine de personnes.

La contestation se poursuit et les autorités coloniales déportent Agostinho Neto au Cap-Vert.

La campagne internationale ne faiblissant pas, Agostinho Neto est transféré dans une prison de Lisbonne au Portugal.

De Lisbonne, il est ramené au nord du Cap-Vert, à Santo Antão puis à Santiago, la plus grande des îles du Cap-Vert.

Au lieu de son dernier transfert, au centre économique, il est autorisé à exercer la médecine sous surveillance des autorités portugaises.

Avec les persécutions des colons,Agostinho Neto ne dirige pas officiellement le MPLA et est nommé Président honoraire.

Poète reconnu sur le plan international avec ses œuvres traduites dans différentes langues et appréciées du monde littéraire, la mobilisation s’intensifie pour obtenir sa libération.

Le 4 février 1961, le MPLA lance la lutte armée contre l’armée portugaise.

Le MPLA attaque les prisons de Luanda et détruit une centaine de plantations
des colons.

L’armée portugaise intervient et tue un millier de personnes. Des arrestations en masse sont opérées et des milliers d’angolais s’exilent.

Le journal Tunisien Afrique Action publie, la photo d’un jeune soldat portugais balançant la tête d’un ressortissant angolais plantée dans un pieu de bois pour amuser ses camarades.

Choqué et meurtri, Agostinho Neto utilise cette horreur pour alerter l’opinion internationale sur les souffrances du peuple angolais mais la PIDE l’arrête et le 17 octobre 1961, il est transféré dans une prison de Lisbonne.

La communauté internationale, anglophone, lusophone, francophone et le monde littéraire dont la revue Présence africaine réclament sa libération sans condition.

Avec ce tapage médiatique, Agostinho Neto est libéré en mars 1962 mais assigné en résidence surveillée au Portugal.

Secrètement, le Roi Mohammed V du Maroc délivre des passeports marocains à Agostinho Neto et sa famille et ils s’évadent pour le Maroc.

Du Maroc, ils se rendent au Zaïre appelé aujourd’hui République Démocratique du Congo (RDC) et s’installent à la capitale, Kinshasa, anciennement appelé Léopoldville.

En décembre 1962, Agostinho Neto est élu Président du MPLA à sa première conférence nationale et le mouvement ouvre un bureau en RDC.

Le MPLA, bien que proche de l’Union soviétique sollicite les Etats-Unis d’Amérique qui refusent de leur venir en aide.

Informé que la RDC est infiltrée d’agents de la CIA, Agostinho Neto et son groupe traverse le fleuve Congo pour trouver refuge au Congo-Brazzaville.

La même année, en 1962, sur inspiration des américains et le Président Mobutu Sese Seko de la RDC, un deuxième mouvement indépendantiste angolais, le Front national de libération de l’Angola (FNLA) est fondé en RDC par l’angolais Holden Roberto.

Agostinho Neto se rend aux Etats-Unis à partir du Congo-Brazzaville pour solliciter une fois encore le soutien des américains et face à leur refus, il se rend à Cuba où le révolutionnaire argentin, Ernesto Guevara dit le Ché le reçoit et le présente à Fidel Castro.

Le Président cubain accepte d’appuyer le mouvement MPLA et introduit Agostinho Neto auprès des russes qui donnent leur accord pour venir en aide au MPLA.

Armés et encadrés par les soldats russes et cubains, les combattants du MPLA lancent la guerre contre l’armée coloniale.

L’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), un troisième mouvement de libération de l’Angola dirigé par Jonas Savimbi, parrainé par les Etats Occidentaux et le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud voit
le jour en 1966.

L’UNITA regroupe les angolais d’ethnie Ovimbunduen majorité.

Après avoir passé 35 ans au pouvoir et suite à une attaque cérébrale, le dirigeant portugais, dictateur et anti-indépendance des Etats sous tutelle du Portugal, Antonio de Oliveira Salazar, est contraint d’abandonner le pouvoir en 1968.

Son remplaçant, Marcelo Caetano qui devient Président du Portugal le 27 septembre 1968 poursuit la politique de son prédécesseur.

Antonio de Oliveira Salazar meurt le 27 juillet 1970.

En 1973, Agostinho Neto effectue une visite privée en Bulgarie, et peu après, une dame dit porter un enfant de lui.

La famille Neto ne reconnaît pas l’enfant et la dame dépose le bébé de sexe féminin de cinq jours dans un orphelinat de Sofia, en Bulgarie.

Le 25 avril 1974, un coup d’Etat baptisé la « Révolution des œillets » survient au Portugal et des militaires mettent fin au mandat de Marcelo Caetano. Il porte au pouvoir, le Général Antonio de Spínola.

Dès son accession au pouvoir, le nouvel homme fort du Portugal change la politique envers ses colonies, l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée Bissau, la Mozambique, l’Etat de Sao Tomé et Principe dans le but de leur accorder leur indépendance.

En effet, les guerres coloniales consommant au moins 28 % du budget de l’Etat portugais et la population portugaise qui ne supporte plus les pertes en vie humaine de ses enfants, ainsi que les pertes financières enregistrées quotidiennement dans les combats.

De plus, l’image du Portugal est souillée sur le plan international.

En Angola, deux camps s’opposent après le coup d’Etat au Portugal. Un camp qui souhaite l’indépendance totale de l’Angola sous la direction des mouvements indépendantistes et l’autre camp qui demande l’autodétermination, sous la direction des colons portugais.

Le 1er mai 1974, en Angola, près d’un million de personnes prennent la rue pour célébrer leur liberté future et portent des banderoles : « Liberté pour les prisonniers politiques ! » ; « Paix et travail ! » ; « A bas le colonialisme !»…

La Police portugaise intervient et tue plusieurs personnes.

Le 15 juillet 1974, environ 30 000 personnes avec une majorité de noirs et quelques blancs participent aux funérailles des personnes massacrées pendant les heurts.

Le même jour, 15 juillet 1974, 2 000 soldats noirs du MPLA protestent pour exiger que les patrouilles des bidonvilles soient faites par les membres du MPLA et demandent le remplacement du gouverneur proche de l’ancien dictateur Salazar par l’Amiral Rosa Coutinho du Mouvement des Forces armées (MFA).

Cet Amiral entretient de bons rapports avec le MPLA et le Parti communiste portugais (PCP).

Les soldats du MPLA exigent la révocation des fonctionnaires de la PIDE et l’autorisation d’organiser leurs structures d’autodéfense dans les bidonvilles.

Enfin, ils demandent la promotion des comités de quartier.

Pour mettre un terme aux diverses revendications, le Portugal accepte d’accorder à l’Angola son indépendance.

Le 15 janvier 1975, dans le village d’Alvor au Portugal, les Accords appelés les « Accords d’Alvor » sont signés entre le gouvernement portugais et les trois mouvements de libération de l’Angola, le MPLA, le FNLA et l’UNITA.

Les « Accords d’Alvor » stipulent qu’à compter du 31 janvier 1975,il sera mis en place un gouvernement de transition quadripartite composé du Portugal, du MPLA, du FNLA et de l’UNITA.

En dépit de ces Accords, dans le mois de février 1975, le FLNA soutenu par les américains et le Président Mobutu Sese Seko de la RDC, attaque les positions du MPLA au Nord du pays.

Le MPLA aidés des russes et des cubains parvient à chasser les combattants du FNLA de l’Angola.

Le troisième mouvement, l’UNITA de Jonas Savimbi, soutenu par les Etats Occidentaux et le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud, fragilisé, se replie à Huambo, à 600 km au Sud-est de la capitale Luanda mais après avoir reçu du renfort du régime d’apartheid de l’Afrique du Sud, l’UNITA attaque le MPLA en août 1975.

Le 11 novembre 1975, Agostinho Neto du MPLA proclame seul l’indépendance de l’Angola et devient le premier Président de cet Etat malgré la poursuite de la guerre civile avec l’UNITA.

Les portugais quittent définitivement l’Angola la même année.

Le 12 février 1976, l’Angola intègre, comme 46ème membre, l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), appelée aujourd’hui Union Africaine (UA) et, en décembre de la même année, il devient le 148ème membre des Nations Unies (ONU).

La monnaie nationale d’Angola, le « Kwanza » naît le 8 janvier1977 en remplacement de l’escudo portugais.

Le 27 mai 1977, des putschistes composés des membres du Parti au pouvoir, en particulier des personnes issues de la guerre de libération de l’Angolaet ayant pour meneur le ministre de l’Administration du Territoire, le major Nito Alves prennent d’assaut la prison de Luanda et la radio nationale.

Le putsch échoue et la répression est terrible.

Deux années après, en 1979, Agostinho Neto tombe gravement malade et est évacué à Moscou pour des soins.

Le 10 septembre 1979, Agostinho Neto décède, à 51 ans et des spéculations avancent qu’il a été tué par les russes.

José Eduardo dos Santos est désigné Président du MPLA et Président de la République de l’Angola le même jour du décès du Président Agostinho Neto.

Au pouvoir, pour mettre fin à la guerre avec l’UNITA, José Eduardo dos Santos demande del’aide aux cubains et pour affaiblir le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, le MPLA apporte son appui à l’ANC qui combat le pouvoir d’apartheid.

En plus de l’ANC, le MPLA soutient la SWAPO, mouvement nationaliste namibien qui est sous domination du régime d’apartheid de l’Afrique du Sud.

Le 22 juin 1989, en présence de 18 Chefs d’Etat africains et sous l’égide du président Mobutu Sese Seko de la RDCil est signé, à RDC, un Accord appelé « Accord de Paix de Gbadolite » et lors de cette cérémonie, le Président José Eduardo dos Santos et Jonas Savimbi se donnent une poignée de mains.

En 1980, Jonas Savimbi reçoit de l’aide des Etats-Unis d’Amérique, mène des actions de guérilla en Angola et en 1991, l’UNITA contrôle plus de 60 % du territoire.

Le Président José Eduardo dos Santos est forcé de négocier avec Jonas Savimbi et le 31 mai 1991, à l’Ecole Supérieure d’Hôtellerie et Tourisme d’Estoril, au Portugal, sont signés les « Accords deBicesse » sous la supervision des autorités portugaises etqui prévoient l’organisation des élections multipartites en 1992 sous la supervision des Nations Unies.

José Eduardo dos Santos dit après la conclusion des « Accords de Bicesse » : « …Le peuple Angolais et le pays ont besoin de la tranquillité et de la stabilité, ils ont besoin de la compréhension et de l’appui de la communauté internationale pour construire leur futur (…) dans tout ce processus, il y avait également eu l’intervention de la communauté internationale, qui avait aidé à atténuer les divergences et à lancer les bases d’une

convivialité pacifique et ouverte entre tous les Angolais (…) Je dois exprimer au nom du peuple Angolais et de son Gouvernement, et également en mon propre nom, la vive reconnaissance au Gouvernement de la République Portugaise, pour la manière engagée, exempte, sage dont elle a conduit la médiation entre le Gouvernement Angolais et l’Unita… »

Pour ne pas se sentir lié par les « Accords de Bicesse », Jonas Savimbi fait signer ces accords par Eugenio Manuvakola,son ancien Secrétaire général.

Imitant son adversaire, le Président angolais, José Eduardo dos Santos envoie Venancio de Moura, son ministre des Affaires étrangères apposer sa signature sur les Accords.

Pourtant, le 29 septembre 1991, Jonas Savimbi arrive à Luanda en Angola et en octobre 1991, le Président José Eduardo dos Santos reçoit, en audienceà Futungo de Belas en Angola, le leader de l’UNITA, Jonas Savimbi.

Les élections sont organisées en Angola les 29 et 30 septembre 1992 et donnent, au premier tour, avec 49,57 % des voix contre 40 % pour Jonas Savimbi, la victoire à José Eduardo dos Santos du MPLA.

A l’élection législative, l’UNITA obtient 70 sièges au Parlement sur 220 mais encouragé par Mobutu Sese Seko, Jonas Savimbi reprend les hostilités après avoir rejeté tous les résultats des élections.

La mauvaise foi de Jonas Savimbi l’isole de la scène internationale et acculé par la communauté internationale, il accepte, le 31 octobre 1994 à Lusaka en Zambie, de signer le Protocole de Lusaka qui met fin à la guerre civile en Angola.

Le Protocole de Lusaka prévoit également le désarmement de l’UNITA et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Entretemps, le Président José Eduardo dos Santos s’est rapproché des américains et du bloc Occidental.

En 1995, l’ONU envoie 6.500 casques bleus en Angola.

Le Président congolais Mobutu Sese Seko est chassé du pouvoir le 16 mai 1997 et bien qu’affecté par la perte de pouvoir de son allié dont le pays constitue sa base arrière, Jonas Savimbi, reprend la guerre en décembre 1998, sous le prétexte que le Général João de Matos aurait dit, en février 1995, que seule la défaite militaire de l’UNITA pourrait instaurer la paix en Angola.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU sanctionne l’UNITA en gelant ses avoirs et le 15 septembre 1993, il est imposé un embargo sur les armes destinées à l’UNITA.

En février 2002, Jonas Savimbi utilise son téléphone satellitaire pour appeler le Général de brigade Simao Carlitos Wala de la 20ème Brigade de l’armée angolaise, pour lui tendre une embuscade mais son appel cause sa perte car, il est localisé par les experts en télécommunications américains et israéliens.

Les recherches se concentrent donc à l’Est de l’Angola, sur les rives du fleuve Luvuei, dans la province de Moxico où se cache Jonas Savimbi et, repéré, il tente d’atteindre la frontière de la Zambie à une centaine de kilomètres.

Or, le cordon sécuritaire de son QG a déjà été neutralisé et Jonas Savimbi tire quelques coups de feu en direction des soldats de l’armée portugaise mais la riposte est fatale.

Jonas Savimbi reçoit une quinzaine de balles dans le corps, ce vendredi 22 février 2002 à 15 heures et meurt sur le coup avec ses 21 gardes de corps.

Le Général de brigade Simao Carlitos Wala dit dans le quotidien « Jornal de Angola » : «Nous l’avons cloué de sept tirs. Il tentait de résister avec son arme à la main, mais il a fini par mourir»

Jonas Savimbi mort, l’UNITA capitule et signe, en avril 2002, les « Accords de paix de Luena », un mémorandum d’Entente Complémentaire au Protocole de Lusakaqui impose un cessez-le feu et le désarmement des 50 000 combattants de l’UNITA.

Le Président José Eduardo dos Santos, dans le processus de réconciliation, intègre une grande partie des combattants de l’UNITA dans l’armée gouvernementale.

La guerre civile d’Angola a duré 27 ans et fait plus de 500 000 morts, 100 000 personnes mutilées et plus de 4 millions de déplacés.

Pour beaucoup d’Observateurs, la guerre d’Angola a duré aussi longtemps parce que les différentes puissances voulaient contrôler les richesses de ce pays, les deux blocs de la guerre froide, américains et russes se masquaient derrière les mouvements indépendantistes angolais.

En effet,l’Angola possède d’immense richesse minière, pétrolière et forestière.

Devenue majeure, Mihaela Marinova, la présumée fille de l’ex-Président Agostinho Neto, née en Bulgarie en 1973, entreprend des démarches pour prouver qu’Agostinho Neto est son père.

Elle effectue un test d’ADN avec le sang de Gilberto Cardoso Mariano, neveu d’Agostinho, qui réside à Londres touché par l’histoire de Mihaela Marinova.

Le test prouve que Gilberto Cardoso Mariano et Mihaela Marinova sont parents à 95 % et sont mêmes des cousins.Ce résultat permet l’annulation du premier test d’ADN effectué à Johannesburg en Afrique du Sud en 1999 avec le sang de Maria Neto, l’épouse d’Agostinho Neto.

En Angola, la Journée du 17 septembre est consacrée à la Journée du héros national, le premier Président de l’Angola, Agostinho Neto.

Son épouse, toujours en Angola, dit au cours d’une interview accordée à un journal : « Mon mari avait conquis un pays immensément riche, mais n’avait pas laissé un sou pour sa famille..»

Un grand mémorial a été bâti en Angola. Il s’agit d’un bâtiment construit en 1981 qui a été réhabilité en mars 2006 par une entreprise de la République Populaire et Démocratique de Corée.Achevé depuis le mois de février 2013, le mausolée d’Agostinho Neto est décrit comme suit : « Un mémorial avec une tour de 120 mètres de hauteur et occupe une superficie totale de 124 mille mètres carrés.Dans le bloc central se trouve le sarcophage. A l’entrée, il y a un tableau avec une photo du Président Agostinho Neto et 16 figures en bronze représentant les différentes branches des activités économiques, sociale et culturale.A droite et à gauche, il y a des salles de formation professionnelle, de conférences et d’expositions, et un musée. Au premier étage, a été créé un vitrail avec les moments d’Agostinho Neto comme homme,

politique, poète, médecin et homme d’Etat. Le deuxième étage offre une vue panoramique de la zone où a été construit le Mausolée.Devant le bâtiment, se trouve une piste pour les défilés et une tribune, avec l’un des gradins latéraux avec deux mille sièges. Cet espace est entouré de jardins et de parkings. »

POEME D’AGOSTINHO NETO INTITULE
« ESPERANCES SACREES »

« Aux héros du peuple angolais

A mon retour au pays natal

Les casuarinas avaient disparus de la ville

Toi aussi

Mon ami Liceu

Voix consolatrice des rythmes entraînants du pays

Dans la nuit des samedis infaillibles

Toi aussi

Harmonie sacrée ancestrale

Ressuscitée dans les arômes sacrés du Ngola Ritmos

Toi aussi tu avais disparu

Avec toi

Les intellectuels

La Ligue

Le Farolim

Les réunions des Ingombotas

La conscience de ceux qui trahisent sans conviction

Je suis arrivé au moment précis du cataclysme matinal

Où l’embryon rompt la terre humidifiée par la pluie

Et la plante s’élève resplendissante de couleur et de jeunesse

Je suis arrivé pour la résurrection de la graine

La symphonie dynamique de la croissance de la joie chez les hommes.

Le sang et la souffrance

Etaient un torrent impétueux qui divisait la ville

A mon retour au pays natal

Le jour était choisi

L’heure avait sonné

Même le rire des enfants avait disparu

Vous aussi

Mes bons amis mes frères

Benge Joaquim Illidio Manuel

Quels autres encore ?

Des centaines de milliers d’amis

Quelques-uns disparus à jamais

Victorieux pour toujours dans cette mort pour vivre

A mon retour au pays natal

Quelque chose de gigantesque se mouvait dans le pays

Les hommes dans les silos gardaient davantage

Les écoliers étudiaient davantage

Le soleil brillait davantage

Une jeune sérénité habitait les vieux

Plus que l’espoir c’était la certitude

Plus que la bonté c’était l’amour.

Les bras des hommes

Le courage des soldats

Les soupirs des poètes

Tout et tous essayaient de porter très haut

Sur la mémoire des héros

Ngola Kiluanji

Reine Jinga

Tous essayaient de porter très haut

Le drapeau de l’indépendance.